Le président Roumain rejette la nomination d’une musulmane au gouvernement
Le nom de Sevil Shhaideh ne restera donc pas dans l’histoire de la Roumanie. Le président roumain a opposé son véto à la nomination de Sevil Shhaideh au poste de Premier ministre. Sans doute parce que la candidate des sociaux-démocrates cumulait trop de nouveautés audacieuses : femme, musulmane, Tatar.
Elle aurait été la première femme musulmane à la tête d’un gouvernement d’un pays de l’UE. En Roumanie, son nom ne suscitait pourtant pas une immédiate approbation pour devenir la future Première ministre, proposée par les sociaux-démocrates et leurs alliés, vainqueurs des élections législatives du 11 décembre 2016.
Parce que malgré le portefeuille ministériel du Développement régional, qu’elle aura occupé pendant six mois, la social-démocrate Sevil Shhaideh était jusque là plus habituée au labeurs obscurs qu’à la lumière médiatique. Et aussi parce qu’elle est issue de plusieurs minorités, un condensé de mixité, qui pourrait effrayer une Roumanie, souvent présentée comme une expression des nationalismes de l’Est européen.
L’opposition avait dit ces derniers jours craindre que Mme Shhaideh soit manipulée par M. Dragnea, qui avait notamment été son témoin de mariage avec un homme d’affaires syrien, qui a obtenu en 2015 la citoyenneté roumaine.
Selon une récente enquête du site d’investigation Rise Project, M. Shhaideh aurait à plusieurs reprises affiché son soutien au président syrien Bachar al-Assad ou encore au Hezbollah libanais, allié du régime de Damas.”Je ne vois pas comment Mme Shhaideh pourrait obtenir le certificat l’autorisant à avoir accès aux informations classées secret défense, émanant notamment de l’Otan”, avait déclaré l’ancien ministre de la Justice Catalin Predoiu.