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Le vent de contestation souffle sur le Sud

الشروق أونلاين
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Les politiques divergent sur les contestations ayant éclaté dans certaines wilayas du sud du pays qui s’opposent à l’exploitation du gaz de schiste.

Le secrétaire général du Mouvement Ennahda, Mohamed Douibi, estime que la situation du pays favorise toute forme de contestation. « La contestation ne manque pas en général d’aspect politique, car il y a la politique partout.  On peut dire que les contestations dans les wilayas du Sud sont justifiées », estime le secrétaire général du Mouvement Ennahda.

Dans une déclaration à Echorouk, Douibi a indiqué avoir constaté lors de sa visite au sud du pays la colère de la population du Sud quant aux conditions difficiles auxquelles elle est confrontée.  « Les autorités de la wilaya de Ouargla sont d’ailleurs incapables de distribuer de lots de terrain destinés à l’auto-construction en faveur de la population. Faute de coordination entre les services des biens de l’Etat et les autorités locales, l’opération n’est toujours pas lancée », explique-t-il.

« De ce fait, nous appelons le pouvoir à faire une lecture politique et saine des contestation de sorte que la grogne sociale soit apaisée avant que la situation n’explose. Et cela, ne se fait que grâce au lancement de projets de développement qui prennent en compte l’équilibre régional », a-t-il ajouté.    

Pour Sofiane Djilali, président du parti de Jil Jadid la contestation des habitants du Grand sahara reflète une « conscience avancée ». « Les citoyens de In Salah sont en train de nous donner une leçon de citoyenneté et de responsabilité », soutient-il.

Cette contestation « prouve le degré de la conscience des Algériens qui s’accroît de manière significative et exprime l’attachement de la population de In Salah à ses terres et à sa région ».

« La réalité est que la population du Sud s’oppose à l’exploitation du gaz de schiste et ses conséquences sur l’environnement. Pourquoi l’Etat s’empresse-t-il à le réaliser ? Cela n’a-t-il pas un lien avec des pressions étrangères ou des provocations dues au quatrième mandat ?», s’interroge-t-il.

Le leader du Front pour la justice et le développement (FJD), Lakhdar Benkhellaf a fait endosser au pouvoir les éventuelles répercussions de ces manifestations. « J’ai appris que les notables étaient à l’avant-garde de la contestation à In Salah, ce qui a poussé les citoyens à manifester en grand nombre », indique-t-il.

« Tout le monde connait les risques d’exploitation du gaz de schiste pour l’environnement. D’ailleurs, la France en a renoncé de l’exploiter sur son sol, alors que le ministre de l’Energie (Yousfi) appelle la société française Total à s’investir dans le gaz de schiste en Algérie », fait-il savoir.

 Quant à Mustapha Mazouzi, membre du bureau politique du FLN, il ne voit pas du même œil les contestations qui secouent les wilayas du sud du pays, en évoquant l’aspect politique qui les caractérise, selon lui.

« L’aspect politique saute aux yeux dans les contestations de In Salah », a-t-il estimé affirmant que « certaines parties profitent de la carte du gaz de schiste pour exacerber la situation au Sud ». 

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