L’émir « Soheib », un des ex chef du GSPC, à Echourouk : « Le dérapage des groupes armés avait commencé par les fetwas extrémistes de yekhlef chorti »
Dans cet entretien, Soheib Abou Abdessetir, révèle des secrets inédits sur le groupe Salafiste, surtout qu’il y a vécu depuis 1994, et il a connu ses chefs dont l’émir national du groupe Salafiste pour la prédication et le combat Nabil Sahraoui dit « Abou Mustapha Ibrahim ».
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– Vous avez rejoint les groupes armés après votre fuite de la prison Lambèse en 1994
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= J’ai été emprisonné en 1992 dans l’affaire de destruction de biens de la commune et de la daïra Rais Ayoun à Batna, et j’étais à El Hamiz, et après mon emprisonnement j’ai pris la fuite en date du 10 mars 1994 lors de la grande fuite, et aujourd’hui je vous révèle que trois personnes seulement étaient au courant de l’opération à quelques jours avant son exécution, et elles étaient emprisonnées avec nous, il s’agit de « Makhloufi Nabil » de Batna « Abou Olkoma », actuellement assistant de Droukdel et « Abou Dadjana » et « Messaoud Messaoudi » émir de djebel mestaoua, et il a rejoint les montagnes qui séparent Batna de Sétif en compagnie d’émirs tel que Abdelhamid Merabet « Abou Soumia » et Boukhalfa Slimane « Ibn messaoud ».
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-Apres dix ans passées dans les montagnes de Batna et Sétif cinquième région, quels sont les « émirs » que vous avez connu durant cette longue période ?
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= Durant toute une décennie, j’ai connu beaucoup d’émirs et de premiers chefs, tel que Abdelhamid Merabet, qui était un émir connu, et Boukhalfa Slimane, mais l’étrange c’est que le premier a refusé à un jeune de nous rejoindre dans les montagnes en lui disant « reste à la maison, obéis à tes parents et pense à ton avenir », et quand j’ai entendu cela, je lui ai dis que c’est aberrant, comment est-ce qu’un jeune veut mont au maquis pour le djihad, et il m’a dit « mon fils, un jour tu comprendras », et j’ai découvert cela réellement après le dérapage des groupes islamistes du droit chemin, j’ai connu aussi Nabil Sahraoui Abou Mustapha Ibrahim ainsi que Makhloufi Nabil l’un des dirigeants de Abdelmalek Droukdel, émir national du GSPC qui était mon soldat, Abderrazak El Para aussi je l’ai connu tout comme Hassan Hattab que j’ai emmener à la région des Aurès à travers la montagne Boutaleb, quant à Ali Mehira dit Abou Radaha, la matière grise de la tentative d’assassinat de Bouteflika, je le connaissais et réellement c’était une personne très ordinaire, et il n’a jamais été au niveau des premiers commandements, il était inconnu, et il est difficile de personnaliser tous les noms, j’ai occupé pendant une décennie entière la responsabilité de l’escadrille Al Itissam et vice émir El Djound du GSPC de la région.
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– Vous avez commencé à vous opposer aux dirigeants des groupes islamistes armés, et au GSPC et exactement contre Nabil sahraoui émir national prématurément, pourquoi cela est arrivé ?
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= réellement, au début on fuyait le système, et on avait des idées appartenant au FIS, quand on avait rejoint les rangs des groupes, il y avait parmi nous des éléments qui avaient des idées du Djihad Afghan, pour moi « le djihad » voulait dire combattre une institution publique, tel que le gouvernement.
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-Quand exactement s’est produit le renversement ?
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= Les fetwas « yekhlef cherati » l’un des cheikh du FIS et l’un de ses fondateurs, ont provoqué un saut qualitatif quand il a parlé de « combat contre le gouvernement », et c’est à partir de là que la dérapage a commencé pour s’approfondir avec la création du GIA. Je me souviens qu’un combat avait eu lieu entre les éléments de l’escadrille Berika, il y a eu un mort, il s’agit de « Assad Allah » et quatre blessés après un affrontement autour de l’émirat entre les anciens et les nouveaux, après la mort de l’émir Mahfoud Emir Berika, et c’était le cas eu sein des groupes armés. Mais avec l’arrivée de Djamal Zitouni, les chose ont empiré car il nous a demandé de tuer des travailleurs de Sonatrach et de la protection civile et la gendarmerie, et quand nos dirigeants ont fourni des arguments religieux, on a considéré que Sahraoui Abou Mustapha Ibrahim est un mécréant, et il nous a mis à l’écart avec 11 autres éléments, il nous a jugé avec Abou Bakr Edoussen et Djamal Abou youcef El yakouti, alors on nous a transféré vers l’escadrille Essouna, comme ils ont tué « Kalb Eddine », mais le pire de ce que Nabil sahraoui avait fait, était l’ordre qu’il avait donné pour tuer 16 jeunes voyageurs en 1996 entre Batna et Ain Touta, et on a trouvé parmi les morts ceux qui demandaient le savoir, on a trouvé chez eux des livres du cheikh al Albani, alors est ce que c’est concevable de tuer des civils et des intellectuels, mais la raison de notre opposition au groupe armé c’était « leur promesses non tenues », l’émir Abou Mustapha Ibrahim avait prêté serment et a promis à un groupe du GIA de leur faire confiance mais il a donné l’ordre de tuer 7 d’entre eux alors qu’il faisaient la prière.
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– Beaucoup affirment que Nabil Sahraoui était une personne calme avant de monter au maquis, mais il a changé dans la montagne, que s’est-il passé exactement ?
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= En vérité, il s’est donné une personnalité qui n’était la sienne, il était devenu dingue jusqu’à penser même qu’il était mieux placé que Abderrazak El Para, qui était émir de la cinquième région. On a demandé à ce qu’il soit écarté, chose que Hassan Hattab avait refusé parce qu’il était parmi les anciens, alors il l’avait désigné comme émir de l’escadrille de la mort chargée de la ville, et il a désigné Abderrazak El Para émir de la région, mais Nabil sahraoui a semé la zizanie interne quand il disait qu’il était le mieux placé que El para pour devenir émir, et même l’annonce de l’union et du GSPC avec la présence de Hassan Hattab visait à dépasser les querelles de l’ère Djamal Zitouni et des débuts de l’ère de Antar Zouabri. La région de Jijel a refusé la rentrée du GSPC parce que l’union a été faite entre la wilaya deux (Hattab) et la wilaya cinq (sahraoui), après que la formule jetait entre Batna et jijel. Cela veut dire que le régionalisme était défini à cause de la nature d’alliances et de querelles, le GSPC était un groupe régionaliste créé avec un « portable » une communication entre Hassan Hattab et Nabil sahraoui.
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C’est qui l’émir Soheib Abou Abdessetir ?
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L’émir adjoint (B. Mohamed), si tabou Soheib Abou Abdessetir l’un des anciens de l’action armée et des groupes islamistes armés au niveau de la wilaya de Batna et de la région est du pays. Il a été incarcéré en 1992 dans une affaire de destruction de biens dans laquelle, dit-on, il n’a pas pris part, puis il a rejoint les groupes armés directement après sa fuite de la prison lambése durant « la grande fuite » en date du 10 mars 1994. Il a rejoint le groupe djebel zekkar dans les environs de ras el Ayoun, avant de se retrouver sur les montagnes de Boutaleb, il a connu toutes ses étapes d’actions armées après une décennie passée sur les monts de la cinquième région, où il a pris les rênes de l’escadrille « escadrille Errob » dans la montagne Boutaleb, puis sanctionné et transféré vers la région de Batna exactement l’escadrille Essouna, où il était en désaccord avec Nabil sahraoui quant aux méthodes de crimes. Ila connu Abderrazak El Para, et Ali Mehira et Hassan Hattab, qui l’a accompagné de la montagne Boutaleb jusqu’à Batna pour annoncer l’union du GSPC, après dix ans de travail « Abou Soheib » est devenu émir adjoint et responsable de la commission légale et émir de l’escadrille Al Itissam, il a bénéficié des mesures de la réconciliation et il se prépare à écrire ses mémoires.