L’émissaire d’Obama demande conseil à Bouteflika
George Mitchell
L’envoyé spécial du président américain pour le Proche-Orient George John Mitchell a fait escale hier en Algérie, une visite éclaire au cours de laquelle il a été reçu par le président Bouteflika. Si l’émissaire américain parle de recherche de solutions pour résoudre la question palestinienne, tous les indicateurs tendent à montrer que sa visite a un rapport avec la dernière élection présidentielle.
- Dès son arrivée, Mitchell a remercié, devant la presse, l’Algérie de son soutien pour la concrétisation d’une paix globale au Proche-Orient, soulignant que les États-Unis s’étaient engagés pour une paix globale par un règlement pacifique de la question du Moyen-Orient y compris du conflit israélo-palestinien dont la résolution passe par l’établissement de deux états israélien et palestinien vivant en paix côte-à-côte.
- George John Mitchell a indiqué que vu la longue expérience de l’Algérie et sa connaissance de la question du Proche-Orient, il attendait des conseils du président Bouteflika et de son ministre des affaires étrangères pour pouvoir trouver les moyens de progresser dans le sens des solutions proposées.
- La visite de cet acteur de la diplomatie américaine intervient au lendemain des déclarations du porte-parole de la diplomatie américaine au sujet du scrutin présidentiel en Algérie et de ses résultats. Le département américain des affaires étrangères disait pour rappel que Washington était prêt à coopérer avec le président Bouteflika, mais demandait en même temps des explications de l’Algérie concernant des fraudes présumées et du boycott de l’élection par certains partis de l’opposition.
- Ces déclarations et ingérence indirecte dans les affaires internes de l’Algérie avaient fortement été critiquées par la classe politique nationale. Mais voilà que l’arrivée en Algérie de l’envoyé spécial du président américain pour le Proche-Orient au lendemain de l’officialisation des résultats de l’élection par le Conseil Constitutionnel rend caduque la requête du département américain des affaires étrangères. Mitchell s’est déplacé pour transmettre à Bouteflika les félicitations de l’administration américaine pour sa réélection.
- Les intérêts économiques motivent également la démarche américaine, sa rétractation et son attachement à conserver de bons rapports avec l’Algérie. Les États-Unis pensent bien trouver une part de marché dans le programme de développement de 150 milliards de dollars annoncé par Bouteflika.