Les Algériens sont pour l’importation de véhicules de moins de 3 ans
Selon un sondage effectué au début du mois en cours par la Fédération algérienne des consommateurs à travers les différentes wilayas du pays, 90% des personnes sondées sont pour le retour de l’importation de véhicules de moins de trois ans.
La décision de son interdiction, faut-il- le rappeler remonte à 2006, lorsque le Gouvernement a pris cette décision, en engendrant une vertigineuse hausse des prix de véhicules sur le marché algérien.
Dans une déclaration à Echorouk, le président de ladite fédération, Mustapha Zebdi, a indiqué que la décision d’interdiction d’importation de véhicules de moins de 3 ans adoptée en 2006, a influé négativement sur la qualité des véhicules touristiques acquis par le consommateur algérien.
Le président de la Fédération algérienne des consommateurs a dit que l’objectif de ce sondage est d’attirer l’attention des autorités concernées, notamment le ministère du Commerce, pour l’amener à revoir sa décision promulguée lors de l’adoption de loi de finances complémentaire 2006.
La fédération tente également saisir le ministère du Commerce afin d’amender quelques clauses du décret exécutif n° 07/390 fixant les conditions et les modalités de l’exercice de l’activité et de commercialisation de véhicules neufs en Algérie, que certains concessionnaires d’automobiles auraient bafouées.
Mustapha Zebdi a ajouté que malheureusement aucune suite n’a été donnée à cette proposition, d’autant plus que cette loi a entraîné une hausse disproportionnée des prix de voitures neuves et anciennes.
Une situation qui n’est guère du goût du citoyen, lequel ne peut bénéficier du «crédit à la consommation» supprimé en vertu de l’article 75 de la loi de finances complémentaire 2006.
S’ajoutent à cela, le monopole exercé par les concessionnaires, chez lesquels des consommateurs doivent attendre parfois une année ou plus pour réceptionner leurs véhicules ainsi que la mauvaise prestation des services après-vente, dont des pièces de rechange sont parfois non disponibles.
L’interlocuteur a souligné également que cette interdiction d’importation de véhicules de moins de trois ans a considérablement soutenu l’apparition du phénomène de spéculation, au point où des véhicules moins neufs sont vendus chez des concessionnaires à des prix aussi élevés que les véhicules neufs.
Selon lui, il s’agit d’un phénomène typiquement algérien, d’autant plus qu’il n’existe pas d’usine de fabrication ou de montage de voiture dans le pays.
Il fait également savoir que la plupart de véhicules importés par les concessionnaires d’automobiles sont de la mauvaise qualité, et ne répondent pas aux normes de sécurité européenne dont certains sont même interdits de circuler en Europe.
Notre interlocuteur estime que le retour à l’importation de ce type de véhicules permettra l’abondance en la matière, l’accessibilité au grand public, la régulation du marché de véhicules neufs, la concurrence ainsi que l’approvisionnement du parc automobile algérien en véhicules de meilleure qualité répondant aux normes européennes, contrairement aux véhicules chinoises qui envahissent le marché algérien.
Le contrôle technique rigoureux de ses véhicules à leur entrée dans le territoire national est nécessaire, nous a-t-il confié.