Les américains prêts à pactiser avec les Talibans
Soldat américain en Afghanistan
L’annonce du Wall Street journal a fait l’effet d’une bombe.Un avant-projet de recommandation attend patiemment entre les rangées de dossiers de la Maison Blanche.Il sera mis à « l’ordre du jour » après les élections présidentielles de novembre.
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Certains parlent de revirement de situation visant à « renverser la spirale de la violence en Afghanistan ».
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En fait, les négociations « secrètes » entre les officiels américains et des personnalités du mouvement taliban étaient les secrets les moins bien gardés de la planète.
Mais, ce qui apporte cette « plus value » à l’information publiée par le quotidien américain, c’est plutôt la nouvelle ouverture « d’esprit » de l’armée, auparavant très critique des discussions que menaient les civils. -
L’armée ne s’en sort plus très bien sur le terrain afghan où elle continue à perdre beaucoup d’hommes. Sept années de conflit en réaction aux « attaques terroristes du 11 septembre » ; est c’est un inextricable bourbier afghan qui continue à l’enfoncer.
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Les 70 000 soldats mobilisés par l’opération US Enduring Freedom et les Nations Unies n’ont pas pu prendre le contrôle sur les provinces afghanes.
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Ils avaient pourtant, durant toutes ces sept années eu le feu vert pour capturer ou tuer les chefs talibans.
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Aujourd’hui, c’est le chef des troupes américaines, le Général David Petraeus qui déclare : « Il faut parler avec l’ennemi ! ».
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L’Arabie Saoudite joue le rôle de « modérateur » en recevant chez elle des membres du gouvernement afghan et d’anciens membres talibans.
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Des sources officielles américaines révèlent -sous couvert d’anonymat- que des « discussions ont eu lieu entre des personnalités de l’Etat Afghan et des leaders des groupes talibans ». Sous-entendu, des chefs actifs sur le terrain du conflit.
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L’option de rapprochement est aussi l’un des rares points de convergence des candidats en course pour les présidentielles. Barak Obama se dit en faveur des négociations et John McCain veut « séparer les éléments ‘réconciliables’ des éléments ‘irréconciliables’ » :
Autrement dit, les modérés des ultras. -
Mais si la volonté et les objectifs des américains sont clairs et visent à élargir l’autorité du gouvernement de Kaboul autant que de désamorcer le conflit, les modalités de leur application est une autre affaire.
Entre autre, parce que la suspicion a largement entamé les relations entre les américains et les Talibans. Ces derniers ont du mal à pardonner la capture de l’ancien ministre des affaires étrangères Taliban Ahmad Mutawakil qui s’est retrouvé dans la prison de Guantanamo alors qu’il encourageait les négociations avec Washington. -
Washington qui ne se fait pas trop d’illusions sur la disposition de leaders talibans à vouloir négocier, pense déjà à la facture qu’elle aura à payer à ceux qui se prêteront au jeu des négociations.
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Et elle se voit mal accepter la surenchère sur l’amnistie de chefs de guerre –ennemis d’hier- et de la concession de l’autorité sur certaines régions.