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Les combats ont cessé à Beyrouth

Les combats ont cessé à Beyrouth

Le puissant mouvement chiite Hezbollah a pris vendredi le contrôle de l'ouest de la capitale à majorité sunnite, où les combats ont cessé 

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«Il n’y a plus d’affrontements car personne ne fait face aux combattants de l’opposition», a déclaré un haut responsable sous couvert de l’anonymat. L’armée et les forces de sécurité intérieure sont désormais déployées dans les zones contrôlées par l’opposition.

Face à l’escalade qui fait craindre la dérive du Liban vers une nouvelle guerre civile, l’Arabie saoudite et l’Egypte, alliés du gouvernement dont est issu la majorité antisyrienne, ont demandé une réunion arabe ministérielle d’urgence alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé au calme.

Pour le troisième jour consécutif, les combats ont continué dans l’ouest de Beyrouth entre partisans de l’opposition emmenée par le Hezbollah et soutenue par la Syrie et l’Iran, et ceux de Saad Hariri, un pilier de la majorité, au lendemain d’une journée particulièrement meurtrière où 11 personnes ont péri.

Mais ils ont baissé d’intensité en début d’après-midi, et des tirs sporadiques d’armes automatiques étaient entendus alors que les tirs aux roquettes de type RPG ont quasiment cessé. L’armée libanaise et les forces anti-émeutes ainsi que des chars patrouillaient la ville mais sans intervenir dans les affrontements.

Selon un porte-parole, l’armée est déployée en force pour protéger «le siège du gouvernement, la Banque centrale et l’entourage des résidences de M. Hariri et Walid Joumblatt (un autre pilier de la majorité)» à Beyrouth. Les principaux axes routiers de Beyrouth sont aussi contrôlés par l’armée, a-t-il dit. Selon un journaliste de l’AFP sur place et des témoins, le Hezbollah contrôle désormais plusieurs quartiers considérés jusque-là comme des bastions de la formation de Saad Hariri dans l’ouest de Beyrouth où se concentrent les affrontements.

Le Hezbollah a aussi forcé, par des menaces, tous les médias appartenant à la famille Hariri à fermer, selon un responsable du groupe médiatique. Une roquette a même touché le mur d’enceinte de la résidence de M. Hariri, selon son entourage. Dans le quartier de Ras al-Nabeh, des partisans de l’opposition ont fait irruption dans deux bureaux du mouvement de M. Hariri et accroché des posters du président syrien Bachar al-Assad sur les balcons, selon un photographe de l’AFP.

Plusieurs hommes armés étaient visibles dans les rues et sur les balcons des immeubles, alors que les quartiers où se déroulaient les combats étaient déserts. Dans le nord, la route internationale reliant Tripoli à la frontière syrienne a été bloquée par des manifestants pro-gouvernementaux qui ont brûlé des pneus et scandé des slogans contre le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. En raison des combats, le port de Beyrouth a cessé toute activité alors que l’aéroport international de Beyrouth restait quasi-paralysé depuis mercredi quand une grève sur des revendications sociales a été transformée par le Hezbollah en un mouvement de désobéissance civile qui a dégénéré en heurts.

Ces heurts s’étaient intensifiés après un discours jeudi de cheikh Nasrallah qui a qualifié de «déclaration de guerre» les décisions du gouvernement sur une enquête sur le réseau de télécommunications installé par son mouvement à travers le pays et un limogeage du chef de la sécurité de l’aéroport, présenté comme un proche du Hezbollah.

M. Nasrallah a exigé, pour sortir de la crise, que le gouvernement revienne sur ses décisions et accepte un dialogue national. Mais M. Hariri a fait une contre-proposition prévoyant que les décisions du gouvernement soient «mises à la disposition de l’armée», l’élection immédiate du chef de l’armée Michel Sleimane comme président de la République et l’ouverture d’un dialogue national qui sera dirigé par ce dernier.

L’opposition a rejeté en bloc cette initiative, selon la télévision du Hezbollah. Face à cette impasse, la presse libanaise et arabe s’alarmait d’un retour à la guerre civile qui avait dévasté le Liban de 1975 à 1990, craintes ravivées par la grave crise politique dans laquelle était plongé le Liban depuis fin 2006, les camps rivaux n’arrivant pas s’entendre sur un partage du pouvoir.

Cette crise a empêché l’élection d’un président de la République, poste vacant depuis novembre 2007. La majorité accuse la Syrie, ex-puissance tutélaire, et l’Iran de bloquer une solution via leurs alliés, tandis que l’opposition reproche à la coalition au pouvoir d’être inféodée à Washington. «Nasrallah a décidé: soit le gouvernement se rétracte, soit c’est la guerre», titre le quotidien libanais Al-Anouar.

 

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