Les Libyens de plus en plus nostalgiques à l’ère de Kadhafi
Les réfugiés libyens représentent près de deux millions de personnes, majoritairement des pro-Kadhafi qui ont fui la révolution de 2011 et l’insécurité. D’anciens fonctionnaires ou des membres des tribus proches de l’ancien dictateur ont dû vendre leur bien avant de s’exiler en Egypte ou en Tunisie.
Dans ce dernier pays, ils seraient entre 600 000 et un million. Une grande partie de cette nouvelle communauté reste nostalgique de l’ancien régime, tout en acceptant de scolariser ses enfants dans des écoles financées par le gouvernement libyen.
Cinq ans après la révolte populaire – et une opération militaire lancée par Washington, Paris et Londres puis l’OTAN – qui mirent fin à 42 ans de dictature, les Libyens ont quasiment perdu espoir de voir un État de droit instauré dans un pays divisé, affaibli et menacé par l’expansion jihadiste.
Cinq ans après le déclenchement de la révolution qui a eu raison de la Jamahiriya imaginée par l’extravagant colonel, ses reliques continuent d’alimenter les fantasmes.
La Libye est plongée dans une situation d’absence totale de sécurité et de multiplication de la présence de groupes armés dont chacun se revendiquant être des “vrais révolutionnaires”. Le domaine de la production pétrolière est en crise profonde. Tout cela semble être incomparable à la Libye de l’époque de Mouammar Kadhafi.
Estimée à quelques centaines de milliards de dollars, la fortune des Kadhafi fait l’objet d’une véritable chasse au trésor. Depuis 2013, beaucoup de regards se tournent vers l’Afrique du Sud, où, selon la presse, de nombreux actifs libyens sont dissimulés dans une demi-douzaine de banques locales. Cet argent gelé suscite la convoitise de tout le monde.En outre,les premiers bénéficiaires les grandes banques internationales, qui conservent pour l’instant cet argent libyen sur leurs comptes. Puis les ex-associés américains et européens – italiens, notamment -, qui, pour certains, ont servi de prête-noms au colonel Kadhafi et à ses proches afin de camoufler certains placements.