Les marchés suspendus à la décision de l’Opep
M. Chakib Khelil, a trouvé “un peu étrange” que des pays intervenant au niveau de leurs banques et de leurs capitaux pour réguler le secteur financier, n'acceptent pas que l'Opep régule le marché pétrolier.
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A la veille de la tenue de la réunion de vienne, plusieurs pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont appelé à une solidarité active des pays non membres de l’Organisation qui rendrait moins pénible sa décision de baisser la production de pétrole demain.
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Les membres de l’Organisation réclament en effet la participation des pays non- Opep à la réduction de l’offre de pétrole afin de soutenir les prix qui ont perdu 50% de leur valeur en trois mois et semblent orientés résolument à la baisse, tirés par un recul de la demande.
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Le ministre de l’Energie et des Mines, président en exercice de l’Opep, M. Chakib Khelil, a estimé qu’une participation des pays non- Opep à une baisse de la production pétrolière rendrait moins “pénible” et moins “difficile” la décision de l’Opep.
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“Si ces pays (Russie, Norvège et Mexique, notamment), ne contribuent pas à la baisse de la production, la décision de l’Opep va être plus difficile et plus pénible, exigeant plus de sacrifices de la part de l’Opep”, a-t-il souligné lundi dernier.
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M. Khelil a indiqué que “si l’Opep décidait de baisser de 2 millions de barils/jour, en incluant ces pays, on devrait baisser seulement d’un million”. Ce sera “mieux réparti”.
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Idem pour la Libye qui avait appelé tous les pays producteurs, Opep et non- Opep, à réduire sérieusement, avant même l’annonce de cette réunion extraordinaire anticipée. Le représentant iranien à l’Opep, Mohammed Ali Khatibi, a par ailleurs renouvelé cet appel à l’union, incitant les producteurs hors- Opep, comme la Russie, le Mexique, le Soudan ou la Norvège, à s’unir aux initiatives pouvant être prises par l’organisation pétrolière ce vendredi .
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Pour sa part, le président russe, Dmitri Medvedev, a insisté hier, sur l’importance de la coopération entre son pays et l’Opep afin d’éviter un effondrement des cours de l’or noir dont la Russie est l’un des principaux producteurs mondiaux.
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“La coopération avec l’Opep pour nos institutions travaillant dans le domaine de l’énergie et pour la politique dans le domaine de l’énergie en général, est un des facteurs clés”, a déclaré M. Medvedev.
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“La raison est absolument évidente: la Russie est aussi un important producteur et exportateur du pétrole et elle souhaite le maintien des prix du pétrole stables et prévisibles”, a expliqué le président russe, en recevant Abdallah Salem El-Badri, SG de l’Opep dans sa résidence de Gorki, près de Moscou.
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L’organisation se réunit avec trois semaines d’avance, le 24 octobre, pour décider de sa position face à la baisse des cours de l’or noir.
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Hier, les cours sont repartis à la baisse, les investisseurs se demandant si une réduction de la production, réclamée par certains, aurait un effet réel alors que le marché reste focalisé sur un ralentissement de la demande.
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Le prix du baril a plongé à 67 dollars, après un record à plus de 147 dollars en juillet. M. Badri a défendu à Moscou le droit de l’organisation de réduire sa production, rejetant les critiques du Premier ministre britannique, Gordon Brown, qui avait jugé “scandaleux” un tel projet.
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Sa rencontre avec le président russe intervient au lendemain de discussions à Téhéran entre l’Iran, le Qatar et la Russie, trois gros producteurs de gaz. Les trois pays se sont mis d’accord mardi pour former une “troïka” qui pourrait être l’embryon d’une organisation de coordination des exportations de gaz.
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L’Opep représente environ 40% de la production mondiale, et son influence sur les marchés pétroliers est considérable. L’organisation fondée en 1960 comprend l’Algérie, l’Angola, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, le Qatar et le Venezuela. L’Indonésie s’en est retirée en septembre.
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M. Chakib Khelil, a estimé à cet égard, “un peu étrange” que des pays intervenant actuellement au niveau de leurs banques et de leurs capitaux pour réguler le secteur financier, n’acceptent pas que l’Opep régule le marché pétrolier.
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Le président de l’Opep a fait observer que “notre histoire dans le secteur pétrolier a démontré qu’un secteur pétrolier non régulé est condamné à des effondrements et à des prix exorbitants qui ne sont ni dans les intérêts des uns, ni dans les intérêts des autres”.