Les marins algériens détenus par des pirates sont en danger de mort
La sécheresse et la famine en Somalie ajoutées au jeûne du ramadhan dans des conditions torrides font peser une menace sur la vie de 17 marins algériens capturés le 1er janvier par des pirates dans l'Océan indien, ont alerté ce mercredi 3 août leurs familles lors d'un sit-in à Alger.
“Dix-sept marins algériens passent le mois du ramadhan en Somalie, le pays de la famine”, proclame une banderole déployée devant la Grande Poste par une trentaine de membres des familles des captifs. La famine née de la sécheresse qui affecte la Corne de l’Afrique touche particulièrement deux régions du sud de la Somalie et menace de s’étendre, dit l’Onu, alors que les pirates concentrent plutôt leurs activités aux alentours du port de Harardere, plus au nord.
“Lorsque nous leur avons parlé la dernière fois au téléphone, le 9 juillet, ils nous ont dit qu’ils feraient carême quelles que soient leurs conditions de détention”, s’est alarmé auprès de l’AFP Abdelkader Achour, frère d’un marin retenu en otage avec ses compatriotes et neuf Ukrainiens à bord du “MV Blida”, battant pavillon algérien, capturé en haute mer. “Comme ils sont nourris, quand ils le sont, avec des pâtes et de l’eau sale, j’ai peur qu’on nous les ramènent dans un cercueil”, dit-il en rapportant leurs difficiles conditions de vie par plus de 50 degrés Celsius. “Ils sont épuisés. Ils n’en peuvent plus”, renchérit Leila Kehli, soeur d’un autre otage, montrant en Une d’un vieux journal son frère parmi 17 photos publiées. “Nous passons le ramadhan sans eux. Ils nous avaient dit que s’ils ne rentraient pas avant le jeûne (commencé lundi) ils n’étaient pas sûrs de pouvoir encore tenir”, a-t-elle ajouté.
Fawzi Ait Ramdane, un étudiant en langue française dont le père est un marin détenu, critique tour à tour l’affreteur jordanien Nader Dajjani du groupe Citi, la compagnie International Bulk Carriers (IBC), société mixte de droit algérien à majorité saoudienne propriétaire du bateau, et le gouvernement algérien. “Nous avons organisé plusieurs sit-in”, dit-il, “désespéré face à l’inaction”des responsables.
Dans un communiqué publié la semaine dernière par l’agence APS, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que l’Etat était “pleinement mobilisé” dans cette affaire qu’il suit de “très près” et”avec une attention soutenue”. S’il y a silence officiel c’est parce que la discrétion doit être “de rigueur” dans pareilles circonstances, ne serait-ce que pour “préserver l’efficacité des efforts en cours” en vue de libérer les otages, a-t-il ajouté indiquant sans autre précision que le contact était”régulièrement maintenu” pour obtenir ces libérations.