Les messages codés du président de la République
Les premières lectures du remaniement opéré par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ont été diverses et s’étalaient sur de larges gammes de commentaires et d’analyses allant du simple au complexe, et du blanc au noir et de la chose à son contraire.
- Les messages du président peuvent être simples et clairs : celui qui a été limogé a été puni de sa gestion défectueuse. Celui qui a été installé nouvellement vient d’avoir accès à une période d’essai. Celui qui été permuté, une chance lui a été donnée pour « prouver ailleurs ». L’exception de tout cela s’appelle Yazid Noureddine Zerhouni, nommé vice-Premier ministre, et dont la nomination a été diversement appréciée. Si pour certains, il s’agit d’un poste-vigie, et par ce biais, le président à placé au cœur de l’Exécutif un de ses plus surs lieutenants, pour d’autres ce poste, du reste prévu par la Constitution, vient palier un manque, car le premier ministre aura fort à faire quotidiennement face à une quarantaine de ministres.
- En effet, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a procédé à un remaniement ministériel, attendu, et qualifié de partiel, mais qui a été important, et sous certains angles “cinglant”, et qui confirme Ahmed Ouyahia au poste de Premier ministre, mais exclut l’ancien ministre de l’Energie et des mines Chakib Khelil, « appelé à d’autres fonctions », indique le communiqué. La plupart des grands ministères conservent leurs anciens titulaires, selon la liste révélée par le communiqué de la présidence. Mais l’ancien ministre de l’Intérieur et des collectivités locales Nourredine Zerhouni est nommé vice-Premier ministre. Il est remplacé par Dahou Ould Kablia, qui était jusqu’à présent ministre délégué auprès de Zerhouni.
- Khelil, dont les futures fonctions ne sont pas précisées, est remplacé par Youcef Yousfi, qui a déjà occupé ce poste ainsi que des fonctions diplomatiques. Mourad Medelci et Karim Djoudi conservent respectivement le portefeuille des Affaires étrangères et des Finances. Abdelhamid Temmar, ancien ministre de l’Industrie et de la promotion de l’investissement, est aujourd’hui à la tête du ministère de la Prospective et des statistiques. Enfin, Mustapha Benbada est nommé à la tête du Commerce, en remplacement de Hachemi Djaâboub, lui aussi appelé à d’autres fonctions.
- Le dernier remaniement ministériel date du 15 novembre 2009, lorsque Bouteflika, réélu en avril pour un troisième mandat, avait déjà reconduit Ouyahia comme Premier ministre et conservé la quasi totalité des ministres du précédent gouvernement. On annonçait régulièrement ce nouveau remaniement, principalement depuis le scandale qui a décapité la direction du groupe public d’hydrocarbures Sonatrach. Plusieurs cadres dirigeants – dont le P-dg Mohamed Meziane et trois vice-présidents – impliqués dans des affaires de présumées malversations concernant des marchés de gré-à-gré avaient alors été inculpés.