L’Est du Congo sur une poudrière
L’atmosphère demeure tendue en République Démocratique du Congo en dépit du cessez-le-feu décrété par la rébellion de Laurent Nkunda dans l’est du pays.
- Après plusieurs jours de combats, la situation sécuritaire semble apaisée dans la province du Nord-Kivu à l’est de la République Démocratique du Congo au lendemain de l’annonce par les rebelles d’un cessez-le-feu unilatéral. Les opposants au gouvernement de Laurent Nkunda restent stationnés aux portes de Goma, capitale de la province, réclamant l’ouverture de négociations directes avec le gouvernement de Kinshasa. Nkunda accuse une nouvelle fois le gouvernement d’association avec des miliciens hutus rwandais réfugiés dans l’est du pays après le génocide de 1994. Il menace encore de prendre la ville de Goma devant l’incapacité visible de l’armée régulière du Congo et des forces de la Monuc à l’en empêcher.
- L’avancée ces derniers jours de la rébellion sur Goma, la capitale du Nord-Kivu a ravivé la crainte de la communauté internationale de voir se déclencher un conflit direct entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda voisin, d’autant plus que chacune de ces deux parties accuse l’autre d’agression à son encontre.
- Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont condamné l’offensive menée par les forces du général tutsi Laurent Nkunda, demandant à ce qu’il soit mis “fin aux opérations”. Dans la région des Grands Lacs, les contacts s’intensifient, entre les gouvernements congolais et rwandais, avec également des émissaires, américain et de l’instance onusienne, dans l’objectif d’engager les leaders de la région à trouver une solution et désamorcer la bombe qui risque d’exploser dans le Nord-Kivu. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l’Union Européenne s’est rendu en territoires congolais ce vendredi en compagnie de son homologue britannique David Milliband.
- La situation humanitaire, elle aussi, préoccupe. Quelques 50 000 civils fuient ce vendredi le Nord-Kivu et les camps de réfugiés sont déjà saturés. Le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) estime qu’environ 45 000 personnes avaient fui le camp de Kibati au nord de Goma en quelques heures, alors que 30 000, environ, sont arrivées ces derniers jours depuis les zones situées plus au nord, fuyant devant l’avancée des rebelles. Les agences humanitaires estiment le nombre de déplacés internes à près d’un million dans la province depuis deux ans.
- L’Union Européenne étudie actuellement l’envoi d’un contingent de soutien humanitaire surtout. La situation humanitaire se détériore et l’Unicef exprime son inquiétude de voir se déclencher une épidémie de choléra parmi les dizaines de milliers de réfugiés qui manquent de nourriture, d’eau et de soins.