L’ex émir du GIA Omar Chikhi révèle à Echorouk les détails de l’assassinat des moines de Tibhirine
L’enlèvement a eu lieu en 1996 alors que les groupes islamistes armés rencontraient des problèmes internes en leur sein, c’est Djamel zitouni qui à cette époque avait pris la décision de gérer à sa guise en décidant notamment d'isoler des jurisconsultes et des éléments réfractaires au sein des groupes du GIA .
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Echorouk : qui étaient les financiers ?
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Omar Chikhi : les éléments de “Katibat Al Khadra”.
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Echorouk : les français accusent la sécurité algérienne d’être derrière l’affaire ?
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Omar Chikhi : les déclarations du militaire Français sont des propos politiques et une tentative pour faire pression à des fins politiques , ce sont les groupes armés du GIA qui ont tué les moines, ce n’est nullement un secret.
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Echorouk : comment avez-vous réagi au sujet ?
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Omar Chikhi : nous avons considéré que c’était une trahison, j’en ai personnellement parlé à Zitouni, je l’ai rencotré un mois et demi après l’assassinat des moines.
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Echorouk : qui a exécuté l’opération ?
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Omar Chikhi : les moines ont été enlevés par des éléments de Katibat A Khadra.
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Echorouk : qu’avez-vous compris des propos de Zitouni ?
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Omar Chikhi : j’ai compris qu’il recherchait l’écho médiatique et m’a questionné sur les analyses de presse parce qu’ils ne lui parvenaient pas.
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Echorouk : que vous a-t-il encore dit ?
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Omar Chikhi : il a expliqué avoir voulu négocier il a même envoyé un représentant à l’ambassade de France.
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Echorouk : qui est le négociateur ?
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Omar Chikhi : il a refusé de dévoiler son nom, il m’a également dit qu’il voulait envoyer la mère de Yahia qui a détourné l’avion français, mais il s’est rétracté pour ne pas lui causer d’autres problèmes, il dira que le négociateur avait 19 ans.
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Echorouk : est ce que les français avaient reçu le représentant ?
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Omar Chikhi : c’est du moins ce qu’il a assuré
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Echorouk : comment est ce qu’ils ont réagi ?
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Omar Chikhi : ils avaient répondu au représentant de Zitouni qu’ils ne pouvaient pas se mêler des affaires algériennes internes assurant que le sujet de Layayda était un sujet Algéro-algérien.
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Echorouk : pensez vous qu’à cette époque une telle demande était logique ?
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Omar Chikhi : non, ça relevait de l’impossible.
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Echorouk : comment Zitouni a-t-il réagi à vos propos ?
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Omar Chikhi : il m’a demandé de ne pas semer le doute autour de lui.
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Echorouk : comment était la relation de Zitouni avec les français ?
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Omar Chikhi : il était déjà impliqué dans l’assassinat de ressortissants français à Alger, plus précisément à Ain Allah, il est impliqué dans l’affaire du détournement de l’avion, il l’avait planifié lorsqu’il était émir à la capitale. Lorsqu’il est devenu émir national du GIA à l’arrivée de Chirac à la présidence française, Djamel Zitouni avait tenté d’être diplomate et avait envoyé une correspondance à Chirac l’invitant à se convertir à l’Islam.