L’histoire du vieux Harrag
Les services de la gendarmerie nationale de la wilaya de Annaba ont réussi à annihiler une autre tentative d’immigration clandestine, il s’agit d’un groupe de jeunes qui voulaient embarquer à partir de Oued Begrat. Cette opération a permis l’arrestation de 15 jeunes dont l’age varie entre 23 et 27 ans, neuf d’entre eux sont de la capitale et le reste est de Annaba de la région de Boukentas à Seraidi, une région que l’on dit très chaude sur le plan sécuritaire. Les services de la gendarmerie nationale soupçonnaient ce groupe d’être des éléments terroristes, pour qu’il s’avère, après leur arrestation, être des Harragas qui planifiaient pour prendre la mer à destination de la Sardaigne en Italie.
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Avec ce chiffre, le nombre de Harragas arrêtés sur les cotes de Annaba et Taref est de 444 Harrag, un chiffre qui va probablement augmenter. D’ailleurs, un des membres de l’association des victimes de Harragas a comparé ce chiffre au bilan de la crise sécuritaire durant les années quatre vingt dix, et ce pour indiquer le nouveau génocide qui menace la société algérienne, des mineurs passant par les femmes, les hommes et voire même les vieux qui sont entrés en course durant le week-end dernier, lorsqu’un l’un d’eux a tenté d’atteindre la Sardaigne. Les chiffres annoncés par les différents services, chargés par l’état pour faire face à ce phénomène, font état de plus de 444 algériens ont voulu immigrer clandestinement à partir des cotes de Annaba et Taref à destination des cotes Italiennes, exactement vers la Sardaigne, devenue l’attraction privilégiée des millions de jeunes. Parmi les personnes appréhendées, on enregistre 16 mineurs dont l’age ne dépasse pas 16 ans, en plus de 4 jeunes filles dont une femme au foyer avec trois enfants, et qui a voulu les laisser pour le rêve Italien, et la liste s’est clôturée durant la nuit d’avant-hier avec l’intégration d’un vieil homme à la liste des Harragas. Ce vieil homme âgé de 70 ans a été arrêté en compagnie de 21 jeunes de l’age de ses petits fils, alors que le nombre de Harragas âgés entre 19 et 30 ans, avoisine les 420 jeunes.
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La vie du Cheikh « Tahar. B » était comme tous les vieux de Annaba, il prenait place dans l’un des cafés de la ville, après avoir vadrouillé dans les rues de la rues en compagnie de ses amis, ils parlent de voyages de la Omra lors du mois de Ramadhan, et de ceux qui ont la chance de faire le pèlerinage. Personne, notamment ses proches du quartier la Cologne, n’avait pensé faire un jour ce qu’avait fait ce vieil homme en compagnie de 21 jeunes durant la nuit du mardi dernier. La plupart d’entre eux avait l’age de ses petits enfants, de Annaba, Constantine et d’Alger, et il était fort probable que « Ammi Tahar (c’est-à-dire Tonton Tahar) » devienne le jeudi matin, soit Italien soit mort au large de la mer, mais le destin en a voulu autrement et vivre encore dans la ville où il avait passé 70 ans de sa vie, et ce suite à son arrestation par les gardes cotes de Annaba à trois miles marins seulement des cotes de Annaba. Tonton Tahar était lors de son arrestation calme et obéissant aux ordres des gardes cotes, déclarant seulement « Mes enfants me manquent, mes enfants me manquent », et c’est là que les gardes cotes ont compris que Ammi Tahar vivait loin de ses cinq enfants établis en Italie depuis plusieurs années, et il avait fait plusieurs demandes de visas mais il en avait marre des réponses défavorables injustifiées qu’il essuyait par les services consulaires Français et Italien, ce qui l’a contraint à agir de la sorte en réservant une place dans la barque de Harragas, qui lui a coûté 7 millions de centimes, une réaction qui ne lui a pas réussi et c’est comme si le destin ne voulait pas le laisser quitter la ville de Annaba.
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Tout est permis pour immigrer clandestinement
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Les histoires concernant les sacrifices des Harragas pour réussir leur voyage révèlent des comportements très horribles, à l’image des réactions pouvant aller jusqu’à laisser tomber un proche ou bien s’en débarrasser même, et ce dans le but de réaliser le rêve d’atteindre l’autre rive, et parmi les histoires les plus répandues à Annaba, celle de la femme de Chlef qui a abandonné ses trois enfants pour atteindre la Sardaigne, et le plus horrible que ça, l’histoire qui s’est déroulée au début du mois en cours sur les cotes de Annaba, suite à la volonté de quelques Harragas à se débarrasser d’un mineur âgé de 16 ans en compagnie de 6 de ses amis, en les jetant dans le large de plus de 80 mètres de profondeur et ce pour ralentir le mouvement des gardes cotes qui poursuivaient la barque.
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Les chiffres sur les Harragas qui ont réussi et les disparus ne sont pas disponibles
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Pour le moment les statistiques concernant le nombre réel de Harragas qui ont réussi à atteindre l’Italie et qui sont partis en Europe ne sont pas disponibles, car on ignore leur nombre réel excepté les chiffres présentés par l’Italie concernant les disparus, alors que l’Algérie se contente des appels lancés par les familles de ces derniers. Et si des sources indiquent que le nombre peut atteindre 2000 personnes, la plupart d’entre eux sont détenus dans des centres de détention Italiens, alors que le nombre de disparus et de décès au large de la mer est toujours un sujet tabou, réclamés par les familles de ces Harragas notamment celles de Annaba qui ont vécu les histoires les plus horribles.
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Près de 300 milles Harragas régularisés et 50 milles expulsions avant la fin de l’année en cours
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Des sources médiatiques Italiennes ont indiqué durant la semaine dernière que les autorités Italiennes ont décidé de régulariser la situation de 300 milles Harrag, des Algériens y figurent parmi plus de 650 milles Harragas présents dans des centres de détention sur le sol Italien. Cette opération sera effectuée, selon les mêmes sources, avant la fin du mois de septembre, et on a décidé de leurs confier, après la fin de l’opération, les taches d’assistance aux personnes âgées et handicapées, et des œuvres caritatives, le travail dans des terres agricoles, la pêche et la construction. Et dans le même sillage, on a décidé l’expulsion de pas moins de 50 milles Harrag de trois nationalités, Marocaines, Algériennes, et tunisiennes avant la fin de l’année en cours. Le reste sera expulsé après leur présentation devant la justice Italienne.