Libération de prisonniers islamistes : Nouakchott s’aligne sur la position d’Alger
La Mauritanie refuse la libération d’islamistes en échange de l’otage français, malgré les pressions qui pèsent sur elle depuis que l’on sait que le Gspc-AQMi cherche à libérer certains de ses membres détenus au Mali et en Mauritanie en contrepartie de la libération de l'otage français.
- En fait, Nouakchott s’aligne sur la position d’Alger depuis la réunion de Tamanrasset, au cours de laquelle il a été décidé que les pays maghrébo-sahéliens confrontés à la menace terroriste s’engagent à ne plus plier aux exigences des preneurs d’otages, c’est-à-dire qu’aucune rançon ne devait plus être consentie, ni aucune négociation menée. La réunion se voulait un rappel à l’ordre de Bamako, qui, de négociation secrète en intercession, devenait un interlocuteur des preneurs d’otages et ajoutait foi de ce fait, à leurs exigences.
- Pourtant, depuis la visite du ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos des rumeurs sur un échange de prisonniers entre la Mauritanie et le Gspc-Aqmi allaient bon train. Pour couper court à de telles supputations, le ministre mauritanien de la défense avait apporté un démenti formel. Il n’est « pas question pour la Mauritanie » de libérer de présumés terroristes d’Al-Qaïda pour obtenir la libération d’otages occidentaux, a martelé Hamadi ould Baba ould Hamadi. Pour lever tout doute sur cette intention prêtée au pouvoir de Nouakchott il a dit encore : « Nous ne libèrerons aucun terroriste. C’est une question de principe. Ce serait mettre en jeu la sécurité de notre pays et de notre population », a déclaré le ministre. « Il n’est absolument pas question de libérer qui que ce soit ou de servir d’intermédiaire dans des libérations », a-t-il ajouté, assurant que « tant qu’il y aura des libérations de prisonniers ou des paiements de rançons, il y aura du terrorisme ».
- Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui opère dans une zone désertique aux confins du Mali, de la Mauritanie et de l’Algérie, séquestre trois occidentaux: les Espagnols Albert Vilalta (35 ans) et Roque Pascual (50 ans), enlevés en novembre 2009 en Mauritanie, et le Français Michel Germaneau (78 ans), kidnappé en avril dans le nord nigérien.