Makri: « Le pouvoir ne renonce pas à ses vieilles pratiques »
Le nouveau président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri a déclaré au forum de Echorouk que l’éventuelle candidature de Sellal à la prochaine présidentielle ne contribuerait pas à débloquer la situation politique du pays et a appelé à mettre fin à la prise de décision bilatérale, partagée par la Présidence d’un côté et de l’institution militaire d’un autre.
La classe politique est capable de créer un véritable système d’opposition
Le président du MSP a révélé une « initiative » par prise son parti et ratifiée par Majliss Echoura (conseil consultatif) qu’il qualifiée de sérieuse contenant un dossier complet distribuée pour tous les acteurs de la scène politique, dont il refuse toutefois de dévoiler le contenu de crainte que certaines parties ne nuisent à leur initiative.
En revanche, il a tenu à résumer le contenu de ce document d’une « une tentative de trouver des solutions dont le nationalisme sous tous ses aspects serait le crédit ».
« Nous allons nous approcher de tous les acteurs de la sphère politique pour leur proposer cette initiative, qui est un projet complet qui devrait mettre la classe politique devant ses responsabilité, dont l’objectif est l’intérêt du pays et l’intérêt général pour en finir avec l’égoïsme », a confié Abderrazak Makri en citant le clivage constaté sur la scène politique, dû, selon lui, à la fraude électorale exercée par le régime dans plusieurs rendez-vous électoraux.
« C’est la fraude qui a nuit le processus politique et les cadres des partis politiques », a-t-il dit.
Dans un même sillage, le patron du MSP a appelé à cesser de blâmer les détenteurs du pouvoir et les décideurs et a appelé en outre la classe politique d’agir en précisant « si la classe politique voulait, elle pourrait mettre en place un véritable système d’opposition susceptible de changer les règles du jeu de sorte que le pouvoir en place sache qu’il est une partie du processus politique lequel doit travailler avec toutes les parties».
De plus, il a reconnu que « la participation de notre parti aux élections est dans le but de réaliser le changement et briser le désespoir que souhaite le pouvoir en vue de profiter aux partis au pouvoir ».
Et d’enchaîner: « Wallah nous n’allons pas les laisser faire, nous allons faire face aux règles du jeu et oeuvrons à les changer».
Le pouvoir ne renonce pas à ses vieilles pratiques
Le successeur de Bouguerra Soltani a confié « nous ne sommes pas dans un pays démocratique où les règles du jeu politique sont claires, ce qui n’encourage pas les partis à élire leurs candidats pour entrer en lice dans les élections présidentielles ».
A cet égard, Makri n’écarte pas le scénario de voir le régime réitère ses pratiques en choisissant son candidat pour la présidentielle « le pouvoir aura un candidat. Je ne pense pas qu’il y aurait des élections transparentes, mais on aurait droit peut-être un autre scénario du pouvoir pour montrer à l’opinion publique que les élections seraient démocratiques, en optant pour aller au deuxième tour ».
Nous n’avons pas réclamé l’application de l’article 88
Abderrazak Morsi a affirmé que la maladie du chef de l’Etat n’a jamais été à aucun moment une priorité du processus politique en considérant les prochaine présidentielles une étape importante vers laquelle tous les regards sont braqués en expliquant que « le MSP ne réclame ni des élections anticipées ni l’application de l’article 88 de la Constitution. Nous appelons à la transparence et nous ne voulons pas lier la présidentielle au dossier médical du président ».
Il n’y a pas encore du temps pour la révision de la Constitution
S’agissant de la révision de la Constitution décidée par le chef de l’Etat dans le cadre des réformes qu’il a initiées en 2011, il a jugé qu’il n’y a pas de temps pour la révision de la Constitution d’autant plus qu’il ne nous sépare des élections que quelques mois « Nous ne voyons une nécessité ou un temps suffisant pour procéder à la révision de la Loi fondamentale avant les élections ».