MALI : 250 formateurs européens pour entrainer quatre bataillons
Les ministres européens des Affaires étrangères ont donné lundi leur accord de principe au lancement d’une mission de l’Union européenne pour soutenir l’intervention africaine destinée à aider le Mali à reprendre le contrôle du nord occupé par des islamistes armés.
Selon les grandes lignes du projet, quelque 250 formateurs européens seraient déployés, probablement à partir de janvier 2013, à proximité de Bamako pour y entraîner quatre bataillons de 650 soldats maliens. L’objectif serait de les former en six mois.
Réunis à Bruxelles, les ministres ont exprimé leur espoir qu’une “opération africaine pourra être rapidement autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies”, selon les conclusions de leurs travaux.
Ils ont réaffirmé leur intention de soutenir activement cette opération, menée dans le cadre de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest
(Cédéao) et l’Union africaine, à la fois financièrement et avec une mission militaire “visant à appuyer la réorganisation et l’entraînement des forces armées maliennes”.
Dans ce cadre, les ministres européens ont souhaité que l’examen de son organisation soit procédé “de manière urgente” au sein du service diplomatique de l’UE afin qu’ils puissent approuver formellement cette mission lors de leur réunion de décembre.
“Il s’agit de rendre l’armée malienne, forte d’environ 7.000 hommes, efficace, bien entraînée, équipée et nourrie”, a indiqué un responsable européen. “Il faut lui rendre sa fierté”, au plus bas depuis la perte du nord du Mali, désormais contrôlé par des groupes armés islamistes et touaregs.
L’opération de reconquête doit être menée par une force internationale de
3.300 soldats, déployés par plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest.
Au sein de l’UE, “il y a un accord général” sur les objectifs de la mission européenne, dont de nombreux détails doivent être encore réglés, comme la sécurité des formateurs déployés sur place, selon un responsable.
Parmi les pays les plus impliqués, devraient figurer en première ligne la France, ancienne puissance coloniale du Mali, et l’Espagne, ainsi que l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Finlande.
Le budget de la mission européenne est estimé autour de cinq à six millions d’euros, hors salaires des formateurs envoyés par les Etats.
Les ministres de l’UE ont souligné, à l’issue de leur réunion, “l’importance d’un soutien financier adéquat à l’opération africaine au Mali par les États et les organisations de la région ainsi que les autres partenaires internationaux clés”.
Ils ont, par ailleurs, réitéré leur appel aux autorités maliennes “pour qu’elles présentent dans les plus brefs délais une feuille de route crédible et consensuelle pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique”. Dans ce contexte, il sera nécessaire “d’organiser, dès que possible, des élections libres et transparentes”.
Dans le nord du Mali, la situation est tendue en raison de combats entre islamistes et rebelles touaregs, notamment dans la région de Gao.