Mohammed Alioui secrétaire général de l'Union des Paysans: Pas de programme pour garantir la stabilité du marché
Le secrétaire général de l'Union Nationale des Paysans Algériens demande au gouvernement de prendre trois décisions importantes pour mettre l'Algérie à l'abri de la crise alimentaire mondiale. D’abord, en renforçant la production agricole des céréales et du bétail. Ensuite, la préservation des terres arables de l’avancée du béton, et enfin l’accompagnement des maquignons pour l’achat des ovins et la congélation locale des viandes tout en encourageant l’élevage des vaches laitières. Mohammed Alioui affirme que les ressources animales sont menacées et la situation des maquignons laisse à désirer ce qui nécessite l’intervention du gouvernement par l’écoute des préoccupations puis par l’appui de la profession notamment dans l’approvisionnement en fourrages. Notre interlocuteur explique que l’appui, qui doit aller à l’agriculteur après la production et non à l’ouvrier, impliquerait l’achat par l’état de la production à son prix réel afin d’éviter la spéculation. Il estime que les minotiers empêchent carrément l’agriculteur d’arriver aux minoteries. Le secrétaire général de l’Union Nationale des Paysans Algériens révèle que les maquignons qui produisent 19 millions de têtes de mouton ne trouvent aucun soutien devant l’ouverture de l’importation de viande bovine congelée à raison de 600 tonnes par mois. C’est au gouvernement, soutient-il, de faire en sorte à ce que la viande congelée soit fournie localement en encourageant le maquignon algérien. Alioui appelle le gouvernement Belkhadem à mettre rapidement en place l’office des viandes et accuse le ministère du commerce, qui ignore complètement la réalité, de ne pas disposer d’un programme clair pour garantir la stabilité du marché. Il invite également le gouvernement à résoudre les différends découlant de la gestion des exploitations agricoles et à intervenir pour sauver les terres de la dilapidation, des incendies, de la sécheresse et des grandes catastrophes qui peuvent nuire à la production. S’agissant de la production laitière, les pouvoirs publics doivent contrôler l’abattage sauvage des bovins selon Alioui qui invite les industriels à investir en partenariat avec les éleveurs. Il ajoute que le problème de transformation requiert lui aussi l’intervention du ministère du commerce et de l’Union des Paysans pour fixer le prix de la tomate entre les intermédiaires et les usines. L’importance doit être accordée à la production oléicole, d’après le secrétaire général de l’Union, en consacrant des parcelles à la culture du tournesol et en encourageant l’investisseur national doté de compétence et d’expérience.