NACER MEHAL, DIRECTEUR GENERAL D’ALGERIE PRESSE SERVICE : « Il n’y a pas d’antinomie entre le festival d’Alger et le Fesman »
En mission d’information et de sensibilisation au Sénégal, Nacer Mehal, le directeur général d’Algérie presse service, estime que c’est une excellente chose pour l’Afrique d’abriter, la même année deux festivals. Une occasion pour le continent noir de montrer son aspiration au bonheur et au progrès.
Quel est l’objet de votre visite au Sénégal ?
Il est double. Le premier, c’est de discuter avec mes collègues de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) et ceux de l’Agence panafricaine de presse (Panapress) du renouvellement des deux accords de coopération qui lient nos agences de presse. Je considère que l’augmentation du flux d’informations entre le Sénégal et l’Algérie peut aider à une meilleure compréhension des réalités nationales entre nos deux pays. Le deuxième point a trait à l’organisation du festival panafricain d’Alger prévue du 05 au 20 juillet prochains. Il s’agit d’expliquer à l’ensemble des médiats sénégalais les dispositions prises pour préparer cette grande fête qui est celle de l’Afrique et comment nous comptons accueillir tous nos invités. Près de huit mille (8.000) participants sont attendus à ce festival et Alger sera la capitale de la culture africaine.
Pourquoi ce festival ?
L’évènement a été décidé par l’Union africaine qui a confié l’organisation à l’Algérie parce que nous avons eu à organiser un premier festival, en 1969. Pour ce 40e anniversaire, l’Algérie a l’honneur d’organiser à nouveau ce festival qui est d’abord une rencontre entre toutes les cultures africaines dans leur diversité, leur richesse. Il concentre tous les aspects de la culture allant des arts au cinéma en passant par le théâtre, la musique, etc. Ce festival sera vraiment l’occasion de mettre en relief toute la panoplie de la culture africaine. A cet effet, nous comptons sur une grande participation du Sénégal.
Quel est le thème du festival ?
Le thème retenu s’inscrit toujours dans cette grande ambition très bien partagée par nos deux présidents, Abdoulaye Wade et Bouteflika de montrer l’Afrique à travers ses multiples facettes culturelles. Nous voulons montrer, à travers ce festival, qu’il y a une Afrique qui existe et participe à la Civilisation de l’Universel en dehors des conflits. Nous sommes là pour manifester notre volonté d’approfondir nos échanges, de continuer à travailler sur la préservation du patrimoine immatériel de l’Afrique. Nous sommes là également pour dire que l’Afrique n’est pas seulement un continent de famine ou de guerre. Mais il y a une Afrique qui crée et se développe. On l’oublie souvent mais notre continent est le berceau de l’humanité. C’est ce regard sur notre identité, notre passé, nos trésors immémoriaux que nous allons promouvoir et montrer aussi bien aux Africains de la diaspora qu’au reste monde grâce aux Technologies de l’information et de la communication.
Quelles sont les personnalités attendues ?
Ce sont de grands artistes africains connus dans le monde. Parmi eux, je peux citer, pour le Sénégal, Youssou Ndour. Par exemple, dans la seule ville d’Alger, vingt et un sites sont choisis sans compter les autres villes comme Oran, Annaba, Tizi-Ouzou, Chétif, Constantine, etc. Toutes ces villes vont participer, à leur manière, à davantage faire connaître la culture africaine.
Comment expliquez-vous le choix porté sur Alger ?
C’est une décision de l’Union africaine. Mais lorsque la proposition a été faite, l’Algérie était candidate. C’est l’occasion d’ailleurs pour moi de bien préciser les choses. Certains ont cru comprendre qu’il y a une antinomie entre le festival d’Alger et le Festival mondial des arts nègres (Fesman). Bien au contraire, c’est une heureuse coïncidence qu’il y ait dans la même année deux festivals l’un à Dakar, l’autre à Alger. Cette coïncidence fera que nous allons montrer ce qu’est véritablement l’Afrique aujourd’hui. Pour le Fesman, l’Algérie prendra une part active. D’ores et déjà, nous avons programmé d’organiser en marge du festival, en plus de notre participation, une Semaine culturelle algérienne au Sénégal dans le cadre de nos échanges traditionnels. Il n’y a absolument pas antinomie entre les deux festivals. C’est un projet culturel, identitaire qui veut montrer les valeurs réelles et ancestrales de l’Afrique. Et je crois qu’Algériens et Sénégalais, sur ce thème précis, sont sur la même ligne de départ parce que nous poursuivons le même objectif. Nous faisons un travail de mémoire en montrant notre aspiration au bonheur, au progrès.