Nigeria: six otages philippins libérés
Six Philippins et quatre Nigérians qui avaient été pris en otage mercredi sur un navire dans le delta du Niger ont été libérés par les forces de sécurité du pays, a indiqué samedi un porte-parole militaire.
- “Nous avons pu reprendre contrôle du navire pris en otage, le MV Spirit”, a indiqué le Colonel Rabe bubakar, porte-parole de la force conjointe police-armée (JTF) qui opère dans la région. “Cette nuit, nous avons libéré les marins à bord. Les six Philippins et les quatre Nigérians sont libres”.
“Ils sont tous en bonne santé. Personne n’a été tué pendant l’opération”, a-t-il ajouté en réponse au Mend, principal groupe armé du sud pétrolifère du Nigeria, qui avait affirmé vendredi qu’une balle perdue de l’armée avait tué un otage philippin.
Dans un bref communiqué samedi, le Mend a déclaré avoir “abandonné” le navire sans combattre, tout en affirmant qu’aucun otage n’était à bord. Le groupe, qui affirme se battre pour les populations misérables du richissime delta du Niger, a annoncé une “guerre totale” suite à des affrontements avec l’armée.
Jeudi, il avait déclaré qu’un “groupe affilié” avait capturé la veille 15 membres étrangers de l’équipage du MV Spirit dans le delta du Niger, où sont présentes de nombreuses compagnies pétrolières internationales.
Il n’avait pas identifié ce groupe ni précisé l’identité des victimes. Le colonel Abubakar avait confirmé à l’AFP l’enlèvement des marins, sans préciser leur nombre ou nationalité.
Samedi, le porte-parole militaire a affirmé que plusieurs membres du Mend avaient été abattus dans les combats.
“De nombreux +gredins+ du Mend ont été tués. Je ne veux pas donner de chiffres. Deux de nos soldats ont été blessés depuis 24 heures et sont soignés.
Nous avons récupéré beaucoup d’armes et de munitions, ainsi qu’un avion”, a-t-il affirmé, refusant de préciser si des combats aériens avaient été engagés.
“Nous continuerons notre mission de recherche et de secours jusqu’au résultat final, qui est de nettoyer l’entière région du delta du Niger et de se débarrasser des actes illégaux et armés du Mend. Nous sauvons tous ceux qui sont tombés entre les griffes du Mend”, a encore affirmé le Colonel Abubakar.
Un journaliste habitant à environ deux heures de route du lieu des combats a fait état d’une “situation de guerre” vendredi, évoquant “de la fumée tourbillonnant au dessus de la zone de Gbaramatu, où les combats ont eu lieu”.
Mais samedi, a-t-il ajouté, “les combats ont baissé d’intensité. Il semble que l’armée a repris le dessus”.
Le delta du Niger est secoué par des violences perpétrées par des groupes armés qui s’en prennent régulièrement aux intérêts du secteur pétrolier et ont multiplié depuis 2006 sabotages d’oléoducs, attaques de navires et enlèvements d’employés locaux et étrangers de cette industrie.
La plupart du temps, ces otages sont libérés au bout de quelques jours ou semaines, après le versement d’une rançon.
En septembre 2008, le Mend avait déjà déclenché une opération “ouragan Barbarossa” dans le but déclaré d’anéantir la production pétrolière du pays. A la fin du mois, il avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral.
Mais le 30 janvier, il avait déclaré la fin de sa trêve, promettant encore un “ouragan”. L’annonce n’avait cependant pas été suivie d’une hausse notable de ses attaques.
Les violences qui secouent le delta du Niger ont fait chuter la production de pétrole du pays à environ 1,78 million de barils par jour actuellement contre 2,6 millions en 2006.