Noureddine Cherouati en réunion extraordinaire aujourd’hui avec les directeurs régionaux pour évaluer le dossier des « scandales » Sonatrach
Aujourd’hui, au siège central du groupe Sonatrach, se réuni Noureddine Cherouati, PD-G de la Sonatrach, avec tous les directeurs généraux des entreprises annexes à la Sonatrach travaillant dans le sud. L’objectif de cette réunion extraordinaire, organisée dans l’urgence, est de revoir tous les accords contractés de gré à gré entre 2003 et 2009 avec des sociétés algériennes ou étrangères, et dont le nombre est évalué à plusieurs centaines de contrats par les entreprises rattachées à Sonatrach.
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Cette réunion intervient après la publication par « Echorouk » dans son édition du 8 mai 2010, d’un article qui traitait des contrats établis par les sociétés annexes à la Sonatrach, par connivence ou par complaisance durant la même période, et à la suite duquel le PD-G de la Sonatrach s’est déplacé au sud du pays pour s’enquérir des faits et évaluer le passif des contrats établis à l’époque de la mandature de l’ex-PD-G, Mohamed Méziane.
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La réunion d’aujourd’hui est concomitante à la série d’enquêtes menée par les services de sécurité spécialisés dans l’intelligence économique et liée aux emplois fictifs et aux contrats de gré à gré, par la connivence ou collusion, dont « Echorouk » avait fait état récemment. Dans notre article, nous rapportions que les dénommés B.B. (actuellement en prison), et M.B., de la direction des Ressources humaines, créaient des postes fictifs ou faisaient virer des salaires exorbitants à des cadres se trouvant à l’étranger, à des stagiaires ou à des hommes d’affaires qui ne s’acquittaient en réalité d’aucune tâche auprès de la Sonatrach.
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C’est dans ce cadre que furent traduits devant la justice plusieurs PD-G, dont ceux de l’entreprise nationale des forages et l’entreprise nationale de géophysique, etc. qui avaient contracté un contrat de 8 milliards d’euros avec la société « Boots and Couts » et la société « NaftoGaz », dont le PD-G, le Directeur financier et le Directeur de la commission des contrats furent auditionnés par la justice dans la cadre d’emplois fictifs, pour avoir fait employer des travailleurs sans dossier administratif et pour non-respect de la législation de travail en vigueur. Durant ces auditions, il a été découvert qu’un directeur avait fait recruter, sans passer par les agences de l’emploi locales, près de 150 travailleurs, qui étaient de la même région que lui.
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Hormis ces aspects de violation flagrante de la législation de travail, il convient aussi de noter les enquêtes menées actuellement concernant les sociétés mixtes comme Mcis et WSahara spécialisées dans les pipe-lines et qui avaient établi des contrats avec une société égyptienne, laquelle exagérait les coûts, avec la complicité de fils des responsables de la société des forages, lesquels bénéficiaient aussi de salaires faramineux.
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L’enquête sur l’affaire de l’achat d’engins de forages de Chine et leur envoi au Sultanat d’Oman
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Selon un responsable de haut rang, et qui avait prit part à la réunion du PD-G de la Sonatrach avec ses principaux directeurs régionaux, celui-ci avait exigé de tous qu’ils lui dévoilent les détails de tous les contrats établis de gré à gré avec des sociétés algériennes ou étrangères que ce soit à Hassi Messaoud et Hassi Rmel ou à Berkine, Agib et ailleurs. Il leur a aussi demandé de lui relater les détails de l’affaire de l’achat d’équipements de forage de la Chine et par quel biais ces mêmes équipements se sont retrouvés tout de suite après au Sultanat d’Oman. Cela avait motivé une enquête de la part des Douanes algériennes, qui cherchaient, elles, à connaître les clauses du contrat établi avec la Chine, puis celui contracté avec le Sultanat d’Oman, d’autant plus que cette entourloupette avait coûté une perte sèche à la Sonatrach.
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Le PD-G a en outre exigé que lui soit communiqué tous les détails concernant les contrats des formations qui se déroulaient dans des hôtels 5 étoiles, comme « Le Royal » à Oran, le « Sheraton » d’Oran, le « Markor » à Alger ou encore à l’étranger, comme à l’institut « Gordon School » d’Aberdeen, ou à l’Ineris, en France, en payant rubis sur ongle des contreparties exorbitantes pour chaque stagiaire. Ces pratiques plus que douteuses ont mis à jour l’emprise de B.B. sur la plupart des sociétés annexes à la Sonatrach. Se réclamant de liens privilégiés avec le ministre de tutelle, ce personnage usait de ses entrées pour téléphoner à des entreprise de formation de la Sonatrach, comme celles de Hassi Messaoud, Boumerdès et Oran et les pousser à contracter des conventions déterminées avec telle ou telle autre partie étrangère, moyennant des sommes très exagérées en contrepartie de la venue de spécialistes et d’experts étrangers, dont la plupart avait la réputation largement surfaite.