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PANAF 2009 A Alger, les Africains se soucient de la bonne tenue du Fesman

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PANAF 2009 A Alger, les Africains se soucient de la bonne tenue du Fesman

Le Festival culturel panafricain d’Alger (Panaf 2009) en est à sa deuxième et dernière semaine. Durant cet événement qui regroupe une cinquantaine de pays et plus de huit mille artistes, nous avons rencontré des cinéastes, plasticiens, musiciens, comédiens, journalistes et autres acteurs culturels venus d’une cinquantaine de pays du continent. Ils nous ont fait part de leur désir de participer au troisième Festival mondial des arts nègres que le Sénégal accueillira du 1er au 14 décembre 2009. Mais, dans leurs propos, on sent quelques appréhensions et… de nombreuses interrogations.

  • « Dites-moi, pensez-vous sérieusement que le Fesman va se tenir aux dates prévues ? », nous lance, comme une boutade, un confrère du Togo avec qui nous déjeunions l’autre jour dans le restaurant de l’hôtel El Aurassi où logent les quelques 350 journalistes accrédités au Panaf 2009. La même question revient presque chaque jour et embarrasse quelque peu les Sénégalais présents à Alger. Surtout qu’ici, chaque jour qui passe apporte son lot de « bonnes surprises » de la part d’organisateurs d’un festival panafricain qui ne lésinent pas sur les moyens pour que le rendez-vous d’Alger soit un succès retentissant. Il y a deux mois déjà, en reportage dans la capitale algérienne, nous avions été fascinés par la méthodologie avec laquelle les autorités étaient en train de préparer le Panaf 2009. Le Village des artistes de Zeralda, à une demi-heure de voiture du centre-ville, était pratiquement achevé au niveau des gros œuvres. Le jeune ingénieur de l’entreprise algérienne, chargé de superviser les 24 bâtiments (de quatre étages chaque) nous disait que tout sera fin prêt avant le démarrage du festival, c’est-à-dire le 5 juillet 2009. Il a tenu promesse car, le 3 juillet dernier, à deux jours de l’ouverture officielle, lorsque nous nous y sommes rendus, nous avons trouvé des bâtiments flambants neufs, dotés de toutes les commodités : salles d’ordinateurs connectés à Internet, espaces de répétitions pour les artistes, restaurants, poste, banque, police, etc. Deux mille cinq cents artistes y sont logés et nourris gratuitement jusqu’à la fin du festival. Il y a deux mois, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, nous confiait qu’elle et son équipe se réunissaient chaque jour, sans relâche, pour apporter les derniers réglages afin que tout soit au point le jour J.
  • Effectivement, depuis le 5 juillet dernier, tout semble être réglé comme sur du papier à musique : parade des pays participants ; grande opéra d’ouverture ; expositions sur le patrimoine immatériel, la photographie et l’artisanat ; salon de la bande dessinée ; résidence d’écriture ; festival de cinéma ; colloques sur différents thèmes ; représentations théâtrales ; ballets ; chorégraphies… Et tout cela s’organise sans (presque) fausse note ni improvisation. « On sent que les Algériens ont mis les hommes qu’il faut à la place qu’il faut », nous confie le cinéaste sénégalais Mansour Sora Wade venu participer au colloque et au festival sur le cinéma africain. Il y a quelques jours, son collègue Moussa Touré disait ceci à un reporter du Soleil : « Je n’ai pas encore entendu un de mes collègues parler de cinéma concernant le Fesman. Est-ce qu’il faudrait se présenter au niveau des organisateurs pour être invité, comme on le fait très souvent dans nos pays ? Moi je ne le ferais pas. Je ne vais pas tendre la main ». A Alger, la programmation cinématographique embrasse tout ce qui s’est fait de meilleur ces cinquante dernières années en Afrique, allant des classiques de Sembène aux films de la nouvelle génération comme Sissako ou Pierre Yaméogo. Il y a aussi le financement, par le gouvernement algérien, d’une série de dix courts-métrages réalisés par des cinéastes africains à qui un budget de 50 mille euros avait été alloué. Ces films sont actuellement projetés au cours de ce Panaf. A Alger, bon nombre de réalisateurs africains que nous avons interrogés ne savent pratiquement rien des grandes lignes de la programmation cinématographique du Fesman 2009.
  • UN IMMENSE PARC D’INFRASTRUCTURES CULTURELLES
  • L’inquiétude quant à la bonne tenue et aux dates choisies du Fesman 2009 gagne aussi des artistes sénégalais présents à Alger, comme le musicien Youssou Ndour qui a exprimé son admiration par rapport aux prouesses réalisées par les Algériens. « Les organisateurs du Fesman devraient s’inspirer de ce qui se fait ici. Les Algériens ont mis la barre très haute et les Sénégalais doivent relever le défi afin de faire du Fesman un succès populaire et artistique », nous a-t-il dit après son spectacle de mercredi dernier. Dimanche dernier, le chanteur Ismaël Lô a abondé dans le même sens après son concert : « J’espère que le Sénégal est sur la bonne voie et que les responsables du Fesman ne vont pas nous décevoir car actuellement il y a de nombreuses frustrations et on se pose des questions. Vous avez vu ce que les Algériens sont en train de réussir ? On m’a révélé que toute la sono a été acquise neuve par le gouvernement et qu’après le Panaf, tout ce matériel va bénéficier aux acteurs culturels du pays. C’est à cela que servent des manifestations de ce genre, c’est-à-dire en profiter pour équiper toutes les régions en infrastructures », nous a expliqué Ismaël Lô rencontré dans sa loge. Le styliste malien Lamine Badian Kouyaté (fils de l’écrivain Seydou Badian Kouyaté), créateur du label Xuly bët (lire khouli beut) se soucie également du bon déroulement du Fesman.
  • « J’ai effectivement été contacté par les organisateurs, mais jusqu’ici je n’ai reçu aucune information concernant le lieu où je dois montrer mes créations ou faire défiler mes mannequins. J’avoue que c’est encore très flou et j’espère que le Fesman ne sera pas une Arlésienne », nous confiait-il à l’issue du grand défilé de mode qui a regroupé, samedi dernier à Alger, de grands stylistes comme Alphadi du Niger, Mariam Diop et Claire Kane du Sénégal, Karim Sifaoui de l’Algérie, Michael Kra de la Côte d’ivoire, Pépita D. du Bénin, Imène Ayissi du Cameroun, etc. Comme on le constate, le pari de la sensibilisation et de la communication au niveau international est loin d’être gagné, contrairement à ce qu’affirment certains responsables du Fesman 2009…
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