Plus de 800 experts ont quitté Sonatrach depuis 2001
882 experts, cadres et ingénieurs ont quitté le groupe Sonatrach entre 2001 et 2009, selon un rapport confidentiel interne dont Echorouk a pris connaissance. La fuite des meilleures compétences du Groupe a amené l’Algérie à confier la charge des puits de pétrole notamment aux sociétés américaines Schlumberger et Haliburton; une première depuis 1963! Le rapport a été gardé secret par la précédente administration qui a avalisé la plus mauvaise opération et la plus nuisible pour le Groupe.
- En 2001 commençait le départ massif des plus brillants experts et ingénieurs de Sonatrach vers d’autres sociétés pétrolières dans la région du Golfe. La direction de l’exploration a, à elle seule, perdu 145 experts en exploration, le dernier d’entre eux avait pas moins de 15 ans d’expérience. Toutes les entreprises en Algérie, nationales ou étrangères, qui travaillaient dans le forage pour le compte de la Sonatrach avaient recours à ces experts qui contrôlaient les prestations des sociétés, y compris les américaines Schlumberger et Haliburton qui ont obtenu des marchés via des appels d’offres.
- La fuite des experts locaux vers l’étranger a ouvert la voie aux ingénieurs de Schlumberger et Haliburton qui supervisent à présent les opérations de forages en dépit d’une expérience réduite comparé à celle des experts de Sonatrach. De plus, les sociétés américaines en question n’assument pas la responsabilité en cas de sinistre au niveau des puits, et appliquent des tarifs mirobolants qui sont dix à douze fois supérieurs aux tarifs appliqués par les sociétés algériennes.
- Les experts algériens eux, n’ont pas plié bagage sans raison. La révision de leur salaire qui n’excède pas 12 millions de centimes leur a été refusée, bien que ces ingénieurs détiennent des attestations mondialement reconnues, dont l’IWCF qui est renouvelée chaque année et permet à son détenteur de travailler dans n’importe quelle société pétrolière dans le monde. Pourtant, Sonatrach accepte de verser des salaires atteignant 200 millions de centimes par mois aux experts étrangers que le Groupe ramène d’Égypte, du Vietnam, du Pakistan et d’Inde pour superviser les opérations de forage, après la décision prise par Chakib Khelil et B.Belkacem de répartir les puits de pétrole entre trois sociétés américaines à raison de 5 à 6 puits par société.
- C’est la première fois depuis 1963 que l’Algérie cède pareille prérogative à des sociétés étrangères, celle inhérente aux puits de pétrole. Cette dérive est en train d’être rattrapée par le nouveau président-directeur général de Sonatrach, Nouredine Cherouati, qui a interdit aux sociétés de forage relevant de son groupe de renouveler les contrats passés avec l’ancienne administration.
- Le rapport révèle aussi que les experts qui sont partis avaient refusé le plan de partage du champ de Hassi Messaoud en quatre zones, attribuant chacune à une société étrangère, ainsi que la délocalisation de la ville de Hassi Messaoud qui laisserait la voie libre aux sociétés étrangères. Ce plan défendu fermement par Chakib Khelil a également été gelé par le nouveau patron de Sonatrach.