Quelle que soit l’issue des élections :
Le futur président américain devra gérer les conséquences de la politique de Bush Que ce soit Barak Obama ou John Mc Cain, le futur président des Etats-Unis qui sortira des urnes le 4 novembre, héritera en matière de politique étrangère, de grands dossiers inachevés par l’administration sortante de George W. Bush. Le processus de paix au Proche-Orient, les guerres en Irak et en Afghanistan, le nucléaire iranien, le terrorisme, ou la toute récente crise financière, constituent en effet de sérieux tests pour le nouveau pensionnaire de la Maison blanche. A propos du processus de paix, le futur président américain aura à gérer l’échec des négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées à Annapolis (Etats-Unis) en novembre 2007 en vue d’arriver avant la fin du mandat de George Bush à la création d’un Etat palestinien indépendant cohabitant avec Israël. Un objectif non atteint par le président sortant dont l’administration a subi de sérieux revers en matière de politique étrangère, selon les analystes. Depuis leur relance, les négociations de paix n’ont enregistré, en effet, aucune percée majeure, butant notamment sur la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et dans la région d’al- Qods occupée. De par la force connue du lobby israélien dans les sphères dirigeantes à Washington, l’essentiel de l’objectif recherché par les Etats-Unis a été toutefois obtenu concernant la mobilisation des grandes Nations et les pays directement intéressés par l’idée de réaliser, malgré les embûches, un consensus autour de la paix entre arabes et israéliens au Proche-orient. Pour sauvegarder le processus de paix arabo israélien, Washington espère que la Syrie, qui a repris ces derniers mois les négociations de paix avec Israël sous la médiation de la Turquie, continue ses efforts dans le processus de paix. Le futur locataire de la Maison blanche devra également faire en sorte que les deux guerres coûteuses dans lesquelles sont engagées les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan depuis des années ne se transforment en bourbier pour les troupes américaines. Ces guerres auraient coûté une bonne partie du budget américain de la défense. L’héritage de Bush, c’est aussi la guerre contre le terrorisme lancée après les attentats du 11 Septembre, notamment contre l’ennemi public des Américains, Oussama Ben Laden, et le centre de détention de Guantanamo (Cuba). Obama et Mc Cain se sont engagés à fermer ce centre situé sur une base militaire américaine, où 272 détenus sont enfermés depuis des années sans inculpation formelle. A propos du programme nucléaire iranien, Bush affirme qu’il laisse à son successeur un “cadre de travail” pour traiter avec Téhéran. Sur l’autre grand dossier nucléaire de la Corée du Nord, il met en avant les négociations à Six, qui selon lui ont abouti à des résultats “plus convaincants que l’approche bilatérale de son prédécesseur Bill Clinton”. Le futur président américain aura par ailleurs à “décrisper” les relations américaines avec la Russie ou le Pakistan, allié de Washington dans la guerre antiterroriste. Concernant le spectre de la crise économique sans précédent depuis celle de 1929, Obama et Mc Cain affirment que démocrates et républicains devaient travailler “ensemble” pour la résoudre et “restaurer la confiance” dans l’économie américaine. La crise économique a coûté 1.400 milliards de dollars aux Etats-Unis, et pourrait aussi affecter le budget de défense, a révélé un responsable militaire. En outre, les analystes prévoient une hausse du chômage et un déficit budgétaire qui pourrait s’élever à mille milliards de dollars en 2009. La Maison Blanche estime que, malgré tout, M. Bush laisse le monde dans un meilleur état qu’au début de son mandat, en 2001, expliquant que “le président Bush a travaillé, dans un monde en constante évolution, pour combattre l’extrémisme, répandre la liberté et libérer les gens de la pauvreté pour faire en sorte que le monde soit meilleur et plus sûr pour nos enfants”. D’ici son départ de la Maison blanche, en janvier, Bush laisse également à son successeur l’un des succès dont il est le plus fier: l’augmentation et l’amélioration de l’aide à l’Afrique. A ce propos, l’organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) a indiqué dans son dernier rapport n’avoir reçu que 10% des 22 millions d’euros de dons promis en 2008. S’il est élu, Barack Obama, 47 ans, premier homme de couleur à pouvoir prétendre à la Maison Blanche, s’est engagé à consulter davantage les alliés que son prédécesseur Bush sur les grands dossiers internationaux, dont aussi l’élargissement de l’Otan. Amira A