Sortie de « W. l’Improbable Président »
Oliver Stone
W comme War (Guerre), Wealth ou Wall Street (Fortune et Finances), ce en quoi Walker aura foi, entre autres …W. est le dernier biopic (comprenez film biographique) d’Oliver Stone.Il revient sur le parcours de Georges Bush fils, Georges W. Bush ; depuis sa jeunesse tourmentée jusqu’à son premier mandat à la Maison Blanche.Dix jours après sa sortie aux Etats-Unis, W. est à l’affiche des salles obscures européennes.
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Avait-il vraiment besoin de cette belle promotion, ce film qui met en scène un président qui est loin de faire l’unanimité pour la communauté internationale ?
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Oliver Stone ne s’est pas encombré de questionnements en étant particulièrement dynamique pour défendre son dernier né au budget de 30 millions de dollars.
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Dans ces déclarations, rien d’incisif mais un « aigre-doux » suggérant qu’il n’y aura pas de réquisitoire contre « Bush…en qui j’ai de la sympathie en tant qu’Être Humain » Stone qui reproche : « Les gens ont transformé mes idées politiques en clichés » et qui cependant commente : « Rien ne prédestinait W. à devenir le 43ème président des Etats-Unis … Il est arrivé au pouvoir de façon illogique ».
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L’opinion peut mettre en doute la neutralité de Stone.
Ce doute qui a certainement attisé l’impatience de millions de personnes qui attendaient depuis le premier tour de manivelle de voir Georges Walker Bush version « Movie ». -
C’est dire que la formule n’était pas des plus ordinaires : Cinéaste controversé contre Personnalité politique particulièrement controversée ; un Oliver Stone nettement marqué à Gauche pour dépeindre l’ « homme » des néoconservateurs.
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Dans le genre Biographie, Stone s’était brillamment essayé à l’exercice avec un magistral JFK 1991 et un Nixon 1995 non moins épatant ; films qui ont largement contribué à le placer très haut dans le Box Office américain. Faits de canevas complexes, les célèbres biopic ont permis à leur auteur de poser un regard d’analyste des évènements.
Multipliant les hypothèses sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, et dénouant les trames du scandale du Watergate tout en portant un regard plein de compassion sur le très « mal aimé » Nixon, Stone n’a jamais été tenté par les procès, ni eu la prétention de changer le cours de l’histoire.
Ce qu’il dit sur W. est très illustratif à ce sujet : « Je suis bien conscient que mon film ne changera peut-être rien au résultat des élections, mais ça aidera à éveiller les consciences. Je ne suis pas convaincu que le cinéma nous aide à apprendre toujours de nos leçons. J’ai fait trois films sur le Vietnam, comme vous le savez, et ça ne nous a pas empêchés d’aller en Irak ». -
Sans suggérer la moindre référence à cette polémique autour du vote truqué de 2000, mais finissant tout de même par forcer le trait sur le Cow-boy solitaire; Stone a fait le portrait d’un homme « simple, malavisé et certainement mal entouré ».
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L’alcoolisme de Georges Walker Bush, ses démêlées avec la justice et ses conflits avec son père –à qui il a voulu prouver qu’il pouvait être président lui aussi !- sont de simples faits de l’histoire qui racontent l’homme parfois « plus sympathique qu’il n’est dans la vraie vie» avoue Stone.
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La critique a déjà fait son travail…
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Film « bâclé », fait dans la précipitation et s’apparentant à un « téléfilm » pour les uns ; pour d’autres « l’œuvre » sent les Oscars à plein nez.
L’Oscar auquel pourrait être candidat Josh Brolin qui campe superbement dans le rôle de Georges W. Bush s’accorde à dire aussi la critique. -
A quelques jours des élections présidentielles aux Etats-Unis, Oliver Stone dira ne pas cherher à « prendre partie dans la campagne électorale » avec son film W.