Soudan : Une poudrière en instance
Trois ans après la signature d'un accord de paix mettant fin à 21 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan, des analystes craignent que les anciens ennemis ne soient en train de stocker des armes dans la perspective d'un référendum d'autodétermination.
- Ce vote, prévu pour 2011 par l’accord de paix global (CPA) de 2005, pourrait voir le Sud – pétrolifère – du plus grand pays d’Afrique se séparer du Nord. “Il ne fait pas de doute que les deux côtés soient en train de se réarmer”, affirme l’analyste John Ashworth.
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“D’une guérilla, nous sommes en train de passer à une armée régulière avec une discipline”, déclare pour sa part le général Peter Parnyang Daniel, de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), sudiste.
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“C’est une longue route et un défi majeur”, ajoute-t-il. Le département d’Etat américain finance une formation destinée à faire de la SPLA une “armée professionnelle” protégeant un gouvernement civil.
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Aux termes du CPA, le SPLM, aile politique de la SPLA, et le Congrès national (NCP), le parti du président soudanais Omar el- Bachir se partagent le pouvoir au sein du gouvernement central. Mais malgré trois ans de cohabitation, la méfiance est toujours de mise.
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Des combats entre la SPLA et l’armée régulière en mai dans la région pétrolifère d’Abyei, située sur la ligne de partage entre nord et sud, ont été considérés comme la menace la plus grave au CPA jusqu’ici.
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La majorité des réserves pétrolières prouvées du Soudan, première source de revenus du pays, se trouvent dans le Sud, qui ne dispose ni d’accès à la mer, ni de son propre oléoduc pour l’exportation.
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“Je ne pense pas qu’ils veuillent se battre, mais une SPLA forte joue un rôle de dissuasion dont les gens espèrent qu’il fera réfléchir le NCP s’il envisage d’user de la force militaire”, ajoute M. Ashworth.
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Un rapport de la Banque mondiale examinant les relations Nord-Sud a mis en garde en juillet contre “une militarisation excessive”, que les deux parties démentent avec insistance.
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Le CPA interdit tout réarmement sans l’autorisation d’un comité de défense conjoint nord-sud. “Ce sont les hommes politiques qui doivent répondre à ces questions. Cela n’est pas de notre ressort”, a affirmé un porte-parole des forces régulières soudanaises, interrogé sur le réarmement dans le Sud.
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“Notre mission numéro un, c’est de le (l’accord de paix) soutenir: si le CPA est détruit, c’est notre peuple qui va souffrir”, a déclaré pour sa part le général Parnyang Daniel de la SPLA.
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Le Sud nie avoir commandé une cargaison de 33 chars, saisis par des pirates somaliens en septembre, et avoir reçu des cargaisons d’armes illégales d’Ethiopie pendant un salon de l’armement à Juba.
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Le mois dernier, les députés du Sud- Soudan ont approuvé l’octroi à l’armée de 980 millions de dollars, qui viennent s’ajouter à un budget annuel déjà colossal de 1,5 millard de dollars.
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Khartoum, l’un des plus grands fabricants d’armes d’Afrique, importe aussi du matériel militaire.
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Des activistes accusent régulièrement le gouvernement central de violer un embargo sur les armes en vigueur dans le cadre du conflit au Darfour, dans l’ouest du Soudan. D’autres en revanche mettent l’accent sur les défis immédiats que doivent relever Nord et Sud: les élections nationales prévues en 2009, le Darfour et les relations avec le reste des partis.