Syrie: le CNS appelle à manifester mercredi contre la Russie
Le Conseil national syrien (CNS), principal rassemblement de l’opposition, a appelé à “manifester pacifiquement” mercredi à travers le monde devant les ambassades de Russie, grand allié du régime “criminel” du président Bachar al-Assad.
Dans un communiqué, le CNS “appelle les ressortissants syriens et les amis du peuple syrien dans le monde à manifester pacifiquement mercredi à 13H00 GMT devant les ambassades et représentations russes pour exprimer leur grande colère concernant la position officielle de la Russie”.
Le CNS critique ce pays qui “soutient le régime criminel et assassin en Syrie et lui apporte couvertures internationale et politique pour qu’il continue de réprimer le peuple syrien et de commettre les crimes les plus odieux à son encontre”.
Le CNS, qui a élu ce week-end à sa tête Abdel Basset Sayda, exilé de longue date en Suède, pour succéder à Burhan Ghalioun, a également appelé la population en Syrie et les personnalités économiques, à “rejoindre la révolution, en participant aux manifestations et grèves conduisant à la désobéissance civile”.
Le Conseil a aussi appelé les militaires à “refuser d’exécuter les ordres pour tuer et torturer les Syriens, et pour encercler les villes”. “Nous appelons soldats et officiers à un acte héroïque et à rejoindre l’Armée syrienne libre (ASL, force d’opposition armée) à la première occasion”.
L’ONU veut un accès à la ville syrienne de Haffé de crainte d’un massacre
Les Nations unies ont réclamé un accès immédiat à la ville syrienne de Haffé, assiégée et violemment bombardée par les troupes du régime de Bachar al-Assad, les Etats-Unis disant craindre un nouveau massacre.
Les forces syriennes, appuyées par des chars et des hélicoptères, ont d’ailleurs intensifié leurs bombardements des bastions rebelles y tuant près de 300 personnes depuis samedi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Malgré les profondes inquiétudes exprimées par l’ONU et les États-Unis, les forces du régime restent déterminées à étouffer la contestation et l’insurrection et tentent de prendre aux rebelles de nombreuses villes dans l’est, le nord-ouest et le centre du pays.
La localité de Haffé, dans la province de Lattaquié (nord-ouest), était ainsi assiégée par l’armée après l’envoi de renforts nocturnes et un bombardement de sept jours qui a poussé les habitants à la fuite, selon l’OSDH.
Les lignes téléphoniques y étaient coupées jusque tard dans la nuit. Selon une militante sur place, “les chars sont aux portes de la ville” désertée par la majorité de ses 30.000 habitants. “Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville”.
Washington s’est dit inquiet que le régime ne prépare un nouveau massacre à Haffé, après ceux de Houla et Al-Koubeir imputés au pouvoir. L’émissaire international Kofi Annan, architecte d’un plan de paix resté lettre morte, et le patron de l’ONU Ban Ki-moon ont réclamé un accès de l’ONU à la localité.
M. Annan “est particulièrement inquiet des récents bombardements à Homs, ainsi que des informations faisant état de l’usage de mortiers, de chars et d’hélicoptères à Haffé”, selon son porte-parole. “Il y a des indications qu’un grand nombre de civils sont pris au piège dans ces villes”.
M. Ban a souligné que les observateurs internationaux déployés en Syrie pour surveiller une trêve non existante “jouissent d’un accès libre à Haffé, alors que des informations font état d’une concentration de forces autour de la ville”.