UPM: “il n'est pas exclu que Bouteflika vienne à Paris”
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont la présence au sommet de l'Union pour la méditerranée (UPM) le 13 juillet à Paris est toujours incertaine, pourrait s'y rendre malgré les réserves d'Alger sur ce projet, a déclaré mercredi son Premier ministre, Abdelaziz Belkhadem.
Il n’est pas exclu que le président Bouteflika vienne à Paris pour ce sommet. Il nous a toujours habitués à être là quand l’Algérie doit être représentée à son plus haut niveau”, affirme M. Belkhadem dans un entretien publié par le quotidien Le Monde.
“L’Algérie est favorable à toute initiative qui rapprocherait les deux rives de la Méditerranée. Mais celle qui nous a été exposée en 2007 par le président Sarkozy n’est plus celle qui nous est présentée aujourd’hui”, dit-il.
“Initialement, il s’agissait des seuls pays de la Méditerranée. L’objectif était de construire une union du même type que l’Union européenne, avec des projets à géométrie variable. Aujourd’hui, c’est une Union pour la Méditerranée, et non plus une Union méditerranéenne, et son contenu reste flou”, ajoute-t-il.
M. Belkhadem, qui incarne l’aile conservatrice du gouvernement algérien, estime notamment que le projet de l’UPM ne doit pas être “une couverture pour une normalisation rampante avec Israël”. Interrogé par ailleurs sur la prochaine visite à Alger de son homologue français, François Fillon, M. Belkhadem répond qu’il en attendait un “raffermissement des relations entre nos deux pays”.
“Celles-ci sont déjà très bonnes, mais si nous voulons aboutir à un partenariat d’exception, il nous faut donner de la chair à ce partenariat. Nous souhaiterions, notamment, plus d’investissements français en Algérie, plus d’assistance technique, et plus de souplesse dans la circulation des personnes”, dit-il.
M. Fillon se rendra les 21 et 22 juin à Alger pour une visite qui devrait notamment être consacrée à la signature d’un accord-cadre de coopération dans l’énergie nucléaire.
M. Belkhadem plaide enfin pour une révision de la Constitution algérienne pour permettre à l’actuel président, qui achève le 9 avril 2009 son second mandat, d’en briguer un troisième.