Yahi: «L’équipe qui participe au Mondial doit animer la finale de la CAN-2015»
L’ancien joueur de l’équipe nationale algérienne, Hocine Yahi estime que les Verts doivent se qualifier en finale de la CAN-2015 au Maroc, d’autant qu’ils participent quelques mois avant la CAN à la Coupe du monde qu’abritera le Brésil. Pour lui, le départ du coach Halilhodzic n’afflue pas sur le niveau du groupe.
Quel est votre commentaire sur le groupe où se trouve la sélection nationale dans les éliminatoires de la CAN-2015 ?
Je ne suis pas en train de faire pression sur la sélection nationale, nous devons parler à présent de la Coupe d’Afrique des nations qu’abritera le Maroc en 2015. Une fois ils reviennent de leur participation au Mondial, les Verts doivent avoir comme objectif à atteindre en Coupe d’Afrique la qualification en finale. Avant cela, ils doivent se préparer efficacement pour entamer les éliminatoires et respecter les adversaires. Ce qu’il ne faut pas oublier sur ce sujet, ce sont bel et bien les importants moyens que la FAF a mis à disposition de l’équipe, y compris les joueurs, dont plusieurs joueurs ont nettement brillé lors de la dernière joute amicale disputée face à la Slovénie.
Le départ de Halilhodzic après le Mondial influe-t-il, d’après-vous, négativement sur le niveau de la sélection nationale ?
Je ne pense pas que le changement d’entraîneur ou du staff technique entier affecte la sélection nationale, même s’il jouit d’une grande compétence. D’ailleurs, la majorité des joueurs de l’équipe nationale sont professionnels et leur niveau ne devrait pas être affecté par le changement de coach. Cependant, le successeur de l’actuel entraîneur doit être à la hauteur des aspirations de l’équipe et de la Fédération qui cherche souvent à mettre la sélection dans de meilleures conditions comme certaines grandes équipes européennes.
Certains évoquent un accord de principe signé entre le technicien français Christian Gourcuff pour succéder à Halilhodzic à la tête de la sélection. Quel commentaire faites-vous sur ce sujet ?
Le niveau et la réputation de l’équipe nationale sont dans une phase ascendante, d’où il fallait que la FAF et le MJS soient ainsi. Si nous voulions vraiment respecter l’équipe algérienne, nous devrions recruter un entraîneur de renommée. Ce qui me frappe à la tête, c’est le fait de recruter de techniciens étrangers, faire d’eux d’entraîneurs de renommée et ils prennent de l’Algérie plus qu’ils ne donnent.
Comment trouvez-vous Gourcuff ?
Moi, je respecte tous les entraîneurs, y compris Christian Gourcuff que je considère comme collègue de travail et qui devrait être compétent. La question n’est pas là, il s’agit de l’équipe nationale algérienne, d’où il appartient à tous les responsables de ne pas minimiser l’équipe et ouvrir la voie aux compétences pour driver les Verts. En vérité, lorsque nous donnons à notre sélection sa juste valeur, nous faisons un meilleur choix d’entraîneur à en prendre les rênes. En effet, je trouve qu’il est tout à fait naturel que Gourcuff ou autre aspire à driver les Verts, d’autant que la chance le lui permet.
Comment évaluez-vous les chances des Verts de se qualifier au second tour du Mondial ?
Je trouve équilibré le groupe de l’Algérie en Coupe du monde. J’estime que nous sommes chanceux de ne pas tomber dans un groupe où se trouvent de grandes équipes, dont le nom pourrait affecter notre sélection avant même l’entame de la partie. En vérité, il n’y a pas grande différence entre notre sélection et celles de la Russie, de la Corée du Sud et de la Belgique. Une qualification au 2e tour est possible, je le dis humblement.
Est-ce le niveau actuel des Verts leur permet-t-il de passer la phase de poules ?
La sélection nationale n’a pas démontré dans les derniers matchs un bon visage. D’ailleurs, nous n’arrivons toujours pas à avoir un bon système de jeu et à faire plusieurs passes. Il n’y a pas de stabilité en défense, chaque match on change de joueurs. Au milieu du terrain, les joueurs n’ont pas beaucoup conservé le ballon et n’ont joué comme il le fallait. Un milieu de terrain qui ne construit pas le jeu et ne marque que très rarement a un niveau au dessous de la moyenne. Cependant, on a constaté une certaine amélioration lors du match amical opposant les Verts aux Slovènes, lorsque le coach a donné de la chance à certains joueurs qui ont réussi à faire la différence.
Peut-on considérer, selon vous, le match contre la Slovénie comme référence ?
Pour dire la vérité, la Slovénie ne s’est pas montrée forte lors du match amical joué contre les Verts au stade Tchaker. Toutefois, la rencontre était bénéfique aux joueurs, d’autant que nombre d’entre eux ont démontré de belles qualités, y compris les nouveaux et ont même donné le plus à l’équipe, à l’image de Ghoulam et Mandi. Ce duo a brillé sur les couloirs et a donné de solutions à leurs coéquipiers.
Comment jugez-vous la première sélection de Bentaleb ?
Bentaleb a fait un bon match, bien que ce soit sa première sélection mais il s’est intégré vite dans le groupe. D’ailleurs, il a joué sans aucun complexe, quant à Djabou, il s’est illustré et n’a montré qu’une partie de ses qualités et sa capacité à faire la différence est grande. J’aurais souhaité s’il était incorporé lors des matchs précédents.
Halilhodzic ne fait peut-être pas confiance à Djabou ?
En vérité, le coach a marginalisé Djabou et s’il l’avait aidé et parlé, on aurait vu un autre Djabou. Mais, ce dernier ne doit pas minimiser ses capacités et doit donner le meilleur de lui et s’imposer. Lorsque le joueur frôle l’âge de 20 ans, c’est là qu’il commence à former sa propre personnalité et tente de s’imposer parmi les grands. J’aurais souhaité que le coach donne la chance à Djabou tout comme il l’a donnée à Slimani qui s’est imposé et devenu un des buteurs de la sélection.