Ziari: « Nezzar a rejoint l’armée française après le déclenchement de la révolution!»
L’officier de la police à la retraite, Khaled Ziari n’a pas manqué l’occasion pour enfoncer l’ancien ministre de la défense, le général à la retraite, Khaled Nezzar qu’il accuse à nouveau d’avoir massacré les manifestants en octobre 1988, bien que ce dernier ait rejeté les accusations à plusieurs reprises.
Joint au téléphone par notre rédaction, l’officier de police à la retraite a dit en substance: « Si j’étais alors président de la République (feu Chadli Benjedid), je n’aurais jamais chargé Khaled Nezzar de rétablir l’ordre à Alger lors des événements douloureux d’octobre 1988 car Nezzar était soldat au sein de l’armée française et c’était naturel qu’il n’ait pas de pitié pour les manifestants ».
Il s’est dit étonné du fait de confier « la mission de rétablir l’ordre à Alger à quelqu’un qui n’a ni compétence ni sens de responsabilité, en la personne de Nezzar », en démentant que la police soit impliquée dans les événements tragiques où « des étudiants et des lycéens ont été pris pour cible par des tirs d’arme à feu ».
« Si quelqu’un d’autre avait été chargé de rétablir l’ordre à Alger à la place de Nezzar, il n’y aurait pas un tel massacre et il n’y aurait pas près de 500 victimes (169 selon des chiffres officiels) en si peu de temps », a-t-il indiqué, insistant d’attribuer l’entière responsabilité à Nezzar.
Pour rappel, ce dernier a affirmé dans une lettre ouverte, publiée lundi par le site « Algérie patriotique », qu’il n’était pas responsable des tueries d’octobre 1988, en faisant endosser en revanche la responsabilité à son responsable direct qu’il n’a pas nommé, en faisant visiblement allusion au défunt général-major Abdallah Belhouchet, alors chef d’état-major de l’ANP.
Pour Khaled Ziari, la réponse immédiate de Nezzar renseigne que ce dernier ressent sa lourde responsabilité suite au nombre important de manifestants qui étaient tombés lors de ces événements, ce qui nécessite selon lui, de juger ce dernier par un tribunal populaire.
L’ancien cadre de la DGSN a affirmé que Nezzar avait cité le n° 2 du fis-dissous, Ali Benhadj parmi les manifestants de sorte de légitimer les massacres perpétrés contre des innocents, ajoutant que Benhadj n’avait même pas pris part à ces manifestations.
Par ailleurs, il affirmé que l’ancien ministre de la défense nationale, Khaled Nezzar avait rejoint de l’armée française après le déclenchement de la guerre de Libération nationale en Novembre 1954, bien qu’il ait eu vent des massacres commis par la France et son armée contre les Algériens avant et après la Révolution. Malgré cela, poursuit-il, Nezzar a pris les armes contre ses frères, enfant de son pays, et n’a rejoint les rangs de l’ALN, selon lui, qu’une fois il était persuadé que l’Indépendance s’approchait.
« Il serait relativement moins grave, si Nezzar avait rejoint les rangs de l’armée française avant le déclenchement de la Révolution…Hélas! Il a occupé des postes à hautes responsabilités, dont le portefeuille si sensible, celui de la défense nationale », regrette-t-il.