Yémen : le président Saleh en Arabie Saoudite, la rue crie victoire
Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, évacué en Arabie Saoudite après avoir été blessé dans le bombardement de son palais, reviendra-t-il dans son pays ?
Dans la rue, les manifestants crient déjà victoire.
Une source médicale en Arabie Saoudite, citée ce dimanche par Reuters, indique que le président a été opéré samedi. Selon la BBC, il aurait un éclat de shrapnel long de 7,6 cm sous la région du cœur et serait brûlé au second degré au thorax et au visage.
Pas d’abdication officielle de Saleh
Impossible ce dimanche de savoir qui est au pouvoir au Yémen. Selon la Constitution, le vice-président, Abdel Rabbo Mansour Hadi, doit diriger le pays en l’absence du chef de l’État, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite dans ce sens. La télévision officielle continue de chanter les louanges de Saleh, tandis que des sources proches de la présidence ont indiqué que M. Hadi ne s’est pas installé dans le palais présidentiel. Selon elles, c’est Ahmed, le fils aîné du président Saleh et commandant de la Garde républicaine, qui se trouve au palais, centre du pouvoir suprême. En s’entretenant avec l’ambassadeur américain à Sanaa, Mansour Hadi a toutefois montré qu’il prenait les choses en main.
L’opposition veut empêcher son retour
L’opposition parlementaire yéménite a annoncé dimanche son intention d’empêcher le retour du président. Son hospitalisation à l’étranger «marque, pour (eux), le début de la fin de ce régime tyrannique et corrompu.» Les opposants promettent ainsi qu’ils «œuvrerons de toutes nos forces pour empêcher son retour». les dirigeants de l’opposition devraient rencontrer dans la journée l’ambassadeur des États-Unis et le représentant de l’Union européenne (UE) à Sanaa, impliqués dans la médiation du Golfe dans la crise yéménite.
La rue célèbre la chute du régime
Pour les jeunes leaders de la contestation au Yémen, il ne fait aucun doute que le régime est tombé. Alors que le président Saleh, blessé dans un bombardement vendredi, a été évacué samedi à Ryad pour recevoir des soins, la jeunesse yéménite célèbre ce dimanche la naissance d’un «nouveau Yémen» et leur victoire sur le régime, sur le lieu du sit-n permanent, près de l’Université de Sanaa, à l’endroit même ou la répression à fait plus de 50 morts le 29 mai. Au total, des dizaines de milliers de personnes célébraient dimanche le départ du président contesté.
Les heurts continuent : trois morts à Sanaa, cinq à Taëz
La tension n’est pas retombée pour autant dans le pays. Ce dimanche à Sanaa, trois soldats dissidents de la 1ère division blindée dirigée par le général rebelle Ali Mohsen al-Ahmar ont été tués dans l’explosion accidentelle d’une bombe. A Taëz, l’une des premières villes à s’être soulevées fin janvier contre Saleh, quatre membres de la Garde républicaine, corps d’élite de l’armée yéménite, fidèle au régime, et un homme armé ont été tués dans des affrontements dimanche. Les accrochages se sont déroulés autour d’un palais présidentiel entre une unité de la Garde républicaine et des hommes armés venus protéger les manifestants hostiles au régime ont précisé les témoins.
Quatre mois de manifestations
Blessé dans un bombardement attribué par le régime yéménite au puissant chef tribal Sadek al-Ahmar, Saleh refuse, malgré des manifestations populaires qui se poursuivent depuis quatre mois et les pressions internationales, de quitter le pouvoir qu’il détient depuis près de 33 ans. Il avait notamment refusé de signer un plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe, dont l’Arabie Saoudite est le chef de file, pour une transition pacifique du pouvoir.
La situation préoccupe de plus en plus les autorités à l’étranger. Après l’annonce par l’Union européenne de préparatifs en vue d’évacuer ses citoyens du Yémen, l’Allemagne a décidé de fermer son ambassade.