Abada: «Bouteflika est interpellé à juger Belkhadem !»
Les réactions sur l’éviction du ministre d’Etat, conseiller à la présidence de la République, Abdelaziz Belkhadem par le chef de l’Etat sont divergentes au sein même du parti du FLN.
Si Abderrahmane Belayat affirme que les droits de Belkhadem en tant que militant du FLN sont préservés par la loi et que seuls le Comité central et le congrès du parti sont habilités de lui retirer son adhésion, son rival juré, Abdelkrim Abada a lui salué la décision de Bouteflika qu’il interpelle à juger Belkhadem.
« La décision du président Bouteflika de mettre fin aux fonctions de Belkhadem, en tant que ministre d’Etat et conseiller à la Présidence, relève de ses prérogatives en tant que président de la République et sa décision de le limoger du parti entre dans le cadre de ses pouvoirs en tant que président d’honneur du FLN», a annoncé Abdelkrim Abada, coordinateur général du Mouvement des redresseurs.
Et Abada d’ajouter, la décision de Bouteflika, bien qu’elle soit tardive, devrait mettre fin aux conspirations de Belkhadem et qu’elle (décision) «rende justice aux militants du parti qui l’ont sollicité d’intervenir à maintes reprises et après avoir constaté la gestion calamiteuse de Belkhadem».
Le coordinateur général du Mouvement des redresseurs met l’accent sur la nécessité de juger Belkhadem par le président pour le préjudice causé au parti.
En revanche, il réfute l’idée que la décision de Bouteflika soit perçue comme ingérence dans les affaires du parti lui qui ne jouit ni des prérogatives du CC ni celles du secrétaire général du parti, mais il a donné, selon lui, des instructions au secrétaire général du parti, Amar Saâdani de prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin aux fonctions de Abdelaziz Belkhadem au sein du parti et interdire sa participation aux activités de l’ensemble de ses structures.
Pour sa part, Abderrahmane Belayat, ancien membre du Bureau politique sous Belkhadem a rappelé que tous les droits de ce dernier sont préservés par la loi et que personne n’est habilité de l’évincer des structures du parti, avant de souligner que la décision de mettre fin aux fonctions d’un militant ne se fait pas par des décisions administratives ou politiques, mais elle obéit à des conditions bien définies par le règlement intérieur du parti.
En outre, Belayat a précisé que Belkhadem n’est qu’un membre du CC et que pour le limoger, la commission de discipline doit se réunir et suggérer des sanctions correspondant aux erreurs commises à lui infliger et que celle-ci n’a aucun pouvoir décisionnel. Mais elle doit les soumettre au CC pour statuer et décider de lui retirer son adhésion si les accusations qui lui ont été reprochées s’avèrent vraies, alors que le congrès du parti est seule instance habilitée de l’évincer des structures du parti.