Accusations marocaines: Zerhouni met les points sur les « i »
“Personne ne peut accuser l'Algérie de manoeuvres ou de tentatives de balkanisation du Maghreb arabe. L'histoire démontre que de telles accusations son infondées”, c’est ce qu’a déclaré hier à la presse le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivité locales, Noureddine Zerhouni, en marge de la cérémonie commémorative des inondations du 10 novembre 2001 à Bab El-Oued.
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“Nous avons toujours rêvé de l’édification d’un grand Maghreb arabe et nous avons toujours lutté pour cet idéal”, a-t-il ajouté. “La véritable question qui devrait être posée est quel Maghreb arabe veut-t-on édifier”, a-t-il souligné, avant d’ajouter : “S’agit-il d’édifier un Maghreb au service de ses peuples, ou s’agit-il alors d’autre chose aux objectifs obscurs” ? s’est-il interrogé.
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Cette réponse intervient après que le souverain marocain Mohammed VI qui a fustigé l’Algérie l’accusant de rejeter “obstinément tous les efforts de normalisation consentis par le Maroc”. Le roi qui n’y est pas allé de main morte, s’exprimait lors d’un discours télévisé jeudi soir à l’occasion du 33ème anniversaire de la “Marche verte” organisée par le roi Hassan II lors de laquelle 350.000 Marocains avaient marché le 6 novembre 1975 en direction du Sahara occidental, sous occupation espagnole, pour souligner l’appartenance de ce territoire au Royaume.Voilà que le Maroc se met à reprocher à l’Algérie la fermeture des frontières !
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Pourtant, c’était bien Rabat qui avait décidé unilatéralement en 1994 de mettre en place des visas pour les ressortissants algériens en visite au Maroc, après avoir accusé les services secrets algériens d’être impliqués dans un attentat islamiste contre un hôtel de Marrakech.Le roi Mohammed VI, dans son allocution, qualifiait le Maroc et l’Algérie de pays voisins et frères sans se priver pour autant d’accuser l’Algérie d’être responsable de tous les maux.
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Le souverain a une nouvelle fois remis la question du Sahara Occidental sur la table s’en prenant à la “position officielle” de l’Algérie. “Ce pays cherche à entraver la dynamique vertueuse enclenchée par l’initiative marocaine”, a-t-il dit. Le roi va plus loin en ajoutant que l’Algérie met “tout en œuvre pour faire perdurer la situation actuelle, qui fait planer les périls de la balkanisation sur la région du Maghreb et du Sahel”.
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Des propos belliqueux qui n’ébranlent nullement la position algérienne quant à la question du Sahara Occidental, qui relève de la décolonisation. Cette question ne doit pas interférer dans les relations bilatérales algéro- marocaines, a souligné un responsable du ministère des affaires étrangères en réponse aux déclarations de Mohammed VI.Ce responsable n’a pas manqué de rappeler les intimidations et les interrogatoires abusifs qu’ont subis les touristes algériens qui se trouvaient au Maroc en 1994, après l’attaque de Marrakech. A ce moment-là, les relations de bon voisinage dont parlait le roi jeudi soir, avaient été mises de côté.
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A cela il faut ajouter le fâcheux épisode de l’annulation en 2005, de la visite du chef du gouvernement algérien Ahmed Ouyahia à Rabat, et ce sans en aviser la partie algérienne qui a pris connaissance de cette annulation à travers l’Agence de Presse Marocaine.Le Maroc avait auparavant appelé l’Algérie à la réouverture des frontières terrestres. Des appels cependant feints, puisque les autorités marocaines n’ont jamais fait preuve de bonne volonté notamment en mettant en doute la bonne foi de l’Algérie à chaque fois que l’occasion se présente.
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Les derniers propos du roi marocain viennent confirmer le manque de sincérité de la partie marocaine qui veut forcer la main à l’Algérie en lui lançant des accusations insensées. Le gouvernement algérien a pourtant toujours été clair sur la réouverture des frontières. En termes décents, le ministre des affaires étrangères Mourad Medelci déclarait il y a quelques mois «La réouverture des frontières est envisageable dans le cadre des évolutions qui sont souhaitées par les deux parties et qui, le moment venu, révéleront que telle ou telle difficulté a pu être dépassée nous mettant dans une meilleure position d’ouverture en général et d’ouverture des frontières en particulier».