Les poètes Allemands face à la magie de narration arabe
La recherche de l’influence arabe sur la littérature européenne nous ramène jusqu’aux premiers siècles de l’islam. Ce contact s’est établi par l’arrivée des Arabes dans le sud-ouest et le sud-est de l’Europe, ainsi qu’à travers les croisades européennes en direction de Jérusalem.
Dès lors, des thèmes et des formes littéraires arabes se sont introduits dans les chansons des ménestrels et dans la poésie épique, grâce à la médiation des troubadours. On sait ainsi que l’œuvre de Wolfram von Eschenbach recèle une grande poésie épique d’inspiration arabe, et que Heinrich Frauenlob a réutilisé des contes des Mille et Une Nuits. Ces récits, qui propagent le merveilleux depuis l’époque des croisades dans les chants épiques des ménestrels, témoignent d’un goût prononcé pour le sensationnel et le fantastique. Ils foisonnent de nuances, de motifs et de procédés narratifs, plongeant soudainement le lecteur dans l’univers des manuscrits arabes primitifs.
Pourtant, de tels faits n’ont jamais pénétré la conscience générale. Les Allemands, tout comme les autres peuples européens — à l’exception des Espagnols —, ont effacé de leur mémoire collective toute gratitude culturelle à l’égard des Arabes. L’Occident chrétien, précisément parce qu’il se définit comme tel, a toujours refusé de reconnaître l’influence de la culture et de l’esprit islamiques sur sa propre civilisation.
Toutefois, il existe des exceptions qui méritent notre attention. Il faut en particulier saluer Herder qui, bien qu’ayant été formé pour devenir un religieux protestant, déclara en 1778, en tant qu’historien de la culture particulièrement impartial et avec une forme de courage, dans un essai primé (Preisschrift) intitulé « Sur l’impact de l’art de la poésie sur les mœurs des peuples dans les anciens et les nouveaux temps » : « Lorsque les Arabes ont déferlé sur une partie de l’Europe et y ont vécu pendant des siècles, ils n’ont pas laissé de traces plus importantes que leur poésie et leurs sciences. Or, leur poésie a probablement eu autant d’effet que leurs sciences, envers lesquelles nous sommes reconnaissants. L’Europe y a puisé un goût pour le merveilleux, pour des expériences riches en aventures, pour la religion, l’honneur et l’amour, qui a continué de se propager du sud vers le nord, se mêlant à la religion chrétienne ainsi qu’au puissant goût nordique… »
La Table ronde du roi Arthur, L’empereur Charlemagne et les pairs de France, les histoires de fées, de chevaliers et de reliques sacrées sont autant de récits qui ont été ainsi créés. Alors que l’esprit de ces peuples européens était trop brut pour saisir la pure subtilité de la poésie arabe, celle-ci a dû se confondre avec leurs propres idées, s’enrobant pour ainsi dire dans la glace et le métal.
L’analyse de Herder sur cet immense brassage entre l’ingéniosité arabe et européenne, au cours du premier millénaire de l’ère islamique, fait écho à la célèbre affirmation de Goethe : « L’Orient et l’Occident ne peuvent plus être séparés ». Plus tard, Alexander von Humboldt, une autre grande figure européenne, est venu rigoureusement confirmer la vision de Herder et de Goethe. Dans son étude mémorable sur les Arabes publiée en 1847 dans le deuxième volume de Cosmos (Kosmos Band II), il met magistralement en lumière l’immense contribution des Arabes à l’essor culturel et à l’histoire des idées en Europe.
Le charme qui émane des Mille et Une Nuits
Que savaient — et que savent encore — les auteurs allemands des Arabes et de leur littérature ?
Au début du XVIIIe siècle, une œuvre authentique de la littérature arabe parvint en Europe sous une forme française : il s’agissait des Mille et Une Nuits, traduites par l’orientaliste français Antoine Galland. À partir de la France, cet ouvrage entama sa marche triomphale à travers le monde. À l’exception de la Bible, rares sont les livres qui ont connu une diffusion aussi vaste en Europe que ce recueil arabe de contes merveilleux.
Wieland, Goethe, Maximilian Klinger, Gottfried August Bürger, Karl Musäus, Johann Heinrich Voss, Jean Paul, August von Platen, Georg Christoph Lichtenberg, Friedrich Rückert, Karl Immermann, August Wilhelm Schlegel, E. T. A. Hoffmann, Wilhelm Hauff, Franz Grillparzer, Adalbert von Chamisso, Stefan George, Hugo von Hofmannsthal, Richard Beer-Hofmann, Rainer Maria Rilke, Georg Friedrich Jünger, Hermann Hesse ou encore Hermann Broch : tous font partie de ces poètes et écrivains allemands qui se sont laissé envoûter par le charme des Mille et Une Nuits. Leur appropriation de cette œuvre est une réalité littéraire historique et avérée.
Les raisons de l’influence considérable des Mille et Une Nuits sont multiples. L’un des facteurs clés de l’accueil chaleureux réservé à ces contes arabes au Siècle des Lumières et durant le classicisme allemand réside dans leur contenu et leur valeur démocratiques. Wieland avait ainsi remarqué que les éléments des fables et des contes touchent, chez tous les écrivains, « le public le plus large » : « Toutes les conditions et toutes les générations — jeunes et vieux, puissants et humbles, érudits et illettrés, personnes actives et oisives — se rassemblent pour le récit d’un événement merveilleux et écoutent avec plaisir ce qu’ils jugent pourtant incroyable. »
Sans doute le fantastique, la magie et les fées jouent-ils un rôle majeur dans les Mille et Une Nuits ; pourtant, l’invraisemblable y est exposé avec précision, simplicité et grâce. L’imagination trouve un appui solide dans le contour réaliste et net, ainsi que dans le dessin sûr et poétique des scènes et des événements dépeints. On n’y trouve nulle trace des teintes sombres, vaporeuses et mélancoliques du Nord.
De plus, la remarquable humanité du monde ainsi dépeint dans les Mille et Une Nuits a exercé, aux XVIIIe et XIXe siècles, une puissante force d’attraction. Le lecteur évolue au sein d’une société hautement civilisée et raffinée, reflétant des manières que seules des époques de constante éducation et de culture soignée permettent d’exprimer. Qu’il s’agisse des échanges d’homme à homme, de spectre à spectre, ou encore de fée à humain, chaque conversation se déroule avec une courtoisie parfaite, une douce prévenance et un respect mutuel dont peu d’œuvres offrent un exemple comparable.
Cette élégance témoigne également d’un monde profondément instruit, où un simple portefaix peut mener un dialogue enrichissant avec une dame de la haute société, montrant ainsi que leur écart hiérarchique n’altère en rien la qualité de leur niveau culturel. Cela met en lumière le raffinement de la civilisation arabe médiévale, où la figure de l’érudit apparaît comme un idéal humain extrêmement respecté. La science et le savoir y atteignaient alors un niveau remarquable. Pour dépeindre le héros idéal d’une intrigue amoureuse — qu’il soit prince ou fils de marchand —, l’excellence de son éducation s’avère indispensable : il se doit de maîtriser plusieurs langues, d’exceller dans l’art poétique et de faire preuve d’une vive intelligence. De même, la sensibilité artistique et la culture ornaient l’esprit des femmes courtisées. Bien souvent, c’est d’ailleurs de la bouche de ces dernières que proviennent les paroles les plus sages et les plus mémorables.
Les Mille et Une Nuits témoignent de l’intelligence et de la puissance oratoire d’une narratrice qui place toute sa confiance dans la fascination exercée par son don de la parole. Tel qu’il est dépeint dans le récit-cadre, ce pouvoir thérapeutique de la parole guérit un sultan cruel jusqu’à la folie. Cette figure centrale permet ainsi de déconstruire le stéréotype prétendant que le monde arabe méprise les femmes.
Hatim et Zuleikha:
Compte tenu des mérites poétiques de ces recueils arabes, il n’est pas étonnant que Goethe se soit senti, dès son adolescence, « chez lui » dans la Bagdad des Mille et Une Nuits. Il s’est d’ailleurs laissé décisivement inspirer par Schéhérazade dans son poème Plaisir de fabuler (Lust zum Fabulieren). C’est pourquoi on retrouve dans nombre de ses œuvres des appropriations créatrices issues des Mille et Une Nuits. Non seulement il s’est laissé stimuler par les motifs, les configurations de personnages et les structures narratives de certains contes, mais il en a également repris des caractéristiques stylistiques bien particulières. La technique narrative de Schéhérazade imprègne notamment des œuvres telles que les Entretiens d’émigrés allemands, Poésie et Vérité ou encore Les Années de pèlerinage de Wilhelm Meister. Les Mille et Une Nuits ont également exercé une influence stimulante sur sa production dramatique, en particulier sur le second Faust : de la scène de sorcellerie de l’exhumation du trésor au bastion des momies, jusqu’à la Nuit de Walpurgis classique et la rencontre entre Faust et Hélène.
Lorsque Goethe déclare dans son Divan occidental-oriental que « Bagdad n’est pas loin pour les amoureux », il ne faisait pas pour autant allusion aux Mille et Une Nuits. Il possédait désormais une connaissance remarquable de cette cité, fruit d’une étude approfondie de son histoire. Bien avant la publication du Divan, Goethe avait déjà fait une allusion indirecte à Bagdad, l’élevant au rang de ces métropoles arabes dont le niveau culturel et éducatif surpassait de loin celui de Weimar. En composant le vers « Bagdad n’est pas loin pour les amoureux », il s’inspirait des vers du poète ottoman Nedjati : « Si la distance qui te sépare de bien-aimés devait être aussi vaste que celle de l’Orient à l’Occident / marche seulement, ô mon cœur, Bagdad n’est pas loin pour les amoureux ». Goethe transposa d’ailleurs ces vers dans un poème d’amour dédié à Souleika : « Es-tu séparé de tes bien-aimés / comme l’Orient de l’Occident ? / Le cœur traverse les déserts ; / partout il trouve la même escorte, / pour un amoureux, Bagdad n’est pas loin ».
On sait que Goethe a dissimulé, derrière le pseudonyme de Souleika, Marianne von Willemer, l’épouse de son ami Jakob von Willemer, qui était elle-même une chanteuse et une poétesse surdouée. Dans le dialogue amoureux qui unit Souleika à Hatim — pseudonyme arabe que Goethe s’est attribué —, Bagdad est constamment évoquée comme un lieu de nostalgie, un espoir de retrouvailles et un remède aux douleurs de l’amour. Dès lors, pourquoi est-ce précisément à Bagdad qu’est attribué ce pouvoir de guérison ? La réponse réside dans une locution arabe : « aller chercher le thériaque à Bagdad ». En effet, c’est dans cette ville que l’on préparait le thériaque, le contrepoison le plus puissant contre les morsures de serpent. Goethe en avait parfaitement connaissance, comme en témoigne une note laconique retrouvée dans ses œuvres posthumes : « Avant d’aller chercher le thériaque à Bagdad, le malade est déjà mort ».
Dans la Weimar de Goethe et de Herder, on en savait bien plus sur les métropoles de la culture arabe et sur leurs productions intellectuelles qu’on ne pourrait l’imaginer
aujourd’hui. À cette époque, on ne s’enchantait pas seulement de l’art narratif arabe, mais on se passionnait également pour ses proverbes. Des esprits illustres comme Lessing, ainsi que le grand arabiste Johann Jacob Reiske, en avaient d’ailleurs traduit et introduit des recueils en langue allemande. L’existence de tels arabistes de génie avait poussé les élites cultivées du XVIIIe siècle à s’intéresser de près à la culture islamique. Ainsi, lorsque Goethe partit étudier à Leipzig, la traduction des poèmes d’amour d’al-Mutanabbi par Reiske venait tout juste de paraître. Le jeune Goethe, alors âgé de seize ans, en fut si profondément impressionné que l’on en retrouve encore des traces dans son chef-d’œuvre, Faust.
Le trésor de la langue:
Goethe partageait l’avis de Herder quant à l’affinité singulière des Arabes pour la poésie. Ce dernier avait déjà déclaré en 1778 : « Depuis toujours, les Arabes sont des poètes ; leur langue et leurs coutumes ont été façonnées sous le signe et pour le besoin de la poésie. Ils vivaient sous la tente, dans un mouvement perpétuel, faits de changements et d’aventures, tout en observant des coutumes très uniformes mais modérées, justes, et s’inscrivant entièrement dans une nature poétique. En guise de couronne, ils se targuaient de leur turban ; ils glorifiaient leurs tentes plutôt que des murs, leurs épées plutôt que des bastions, et leurs poèmes plutôt que des lois civiles. »
Herder considérait de manière significative que la poésie avait de tout temps exercé une influence bien plus profonde sur les mœurs des Arabes que les lois n’auraient jamais pu en avoir. Les poèmes des Arabes, affirmait-il, sont une « reproduction de leur vision du monde. Ils respirent l’insoumission et la liberté, témoignent d’un esprit d’aventure foisonnant, d’une grande noblesse dans l’action et de courage ; ils expriment si souvent une inextinguible soif de vengeance contre les ennemis, ainsi qu’une fidélité sans faille envers les amis et les alliés tribaux. Leurs transhumances et les éloignements ont donné naissance à un esprit chevaleresque, jusque dans l’amour où les amants se lamentent avec une virile noblesse… Les Arabes étaient poètes bien avant l’avènement du Prophète. » L’éloge de Herder atteignait son apogée dans ces mots saisissants : « Aucun peuple ne peut se targuer d’avoir voué une passion aussi ardente à la poésie que les Arabes à leur âge d’or. »
En 1783, s’appuyant sur les modèles latins et anglais alors disponibles, Herder et Goethe traduisirent ensemble les sept odes (qasidas) préislamiques connues sous le nom de Mu’allaqāt, issues de cette célèbre anthologie. Cette poésie élégiaque demeure aujourd’hui encore appréciée des connaisseurs comme le modèle d’une poésie arabe classique extrêmement raffinée.
Goethe les glorifiait comme de magnifiques trésors, nés avant l’époque du prophète Mahomet (qu’Allah le bénisse et le salue – ṣallā-llāhu ‘alayhi wa-sallam), et qui nous offrent une idée précise du niveau culturel élevé de la tribu des Quraychites, dont le Prophète lui-même était issu. En dehors des Mu’allaqāt, Goethe fut également inspiré par les chants héroïques arabes réunis dans la collection de la Hamasa (les « Bravoures »). Il traduisit notamment le chant de vengeance de Ta’abbata Sharran, par lequel il souhaitait, dans le chapitre « Arabes » de son traité Notes et dissertations, donner aux lecteurs allemands un aperçu de la force de la poésie arabe.
Un jeune orientaliste, témoin de l’époque, rendit visite au poète alors âgé de quatre-vingt-un ans, un an avant sa mort. Il nous a transmis un témoignage précieux sur la puissance de l’impression que ces chants héroïques laissaient sur Goethe lui-même. Il écrivit dans son récit : « Goethe raconta que, dans sa jeunesse, il s’était quelque peu consacré à la poésie arabe […]. Lorsque je lui exprimai mon admiration pour la manière exemplaire et excellente dont il avait traduit les poètes héroïques arabes dans son Divan, il leva la tête. Bien qu’il fût assis, son visage sembla s’élever et s’agrandir en une majesté souveraine, semblable à un Zeus olympien, et il déclara avec force :
Parmi les rochers, sur le chemin, gît-il, battu à mort,
Dans le sang, aucune rosée ne s’égoutte ici-bas.
À midi, nous, la troupe hostile, avons entamé la marche,
Nous traînant tout au long de la nuit,
Tels des nuages flottant sans repos.
Chacun était une épée, une épée tirée du fourreau, jetant un éclair brillant.
Ils éveillent les esprits du sommeil, et lorsqu’ils hochent la tête, nous les frappons, et ils s’effondrent. »
Ce témoignage, par son caractère immédiat, fait apparaître de façon bien plus saisissante que n’importe quelle ligne des Notes et dissertations la relation intensément vivante que Goethe entretenait avec la poésie arabe.
Une beauté de dieu:
Pour terminer ce chapitre, il convient d’esquisser l’impact du Coran et du prophète Mahomet (qu’Allah le bénisse et le salue – ṣallā-llāhu ‘alayhi wa-sallam) sur le poète allemand. Tout d’abord, Herder a qualifié le Coran de « chef-d’œuvre de poésie » par lequel le Prophète « a défié tous les poètes », et il a décrit l’islam comme une « religion poétique ». Cela ne saurait nous surprendre, étant donné que Herder, tout comme Goethe, considérait déjà la Bible comme un ancien recueil de poésie orientale.
Tout musulman est familier de la conception selon laquelle le Coran est la parole de Dieu, révélée au Prophète par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Puisque le texte coranique constitue une création linguistique inégalable et inimitable, il ne saurait reposer que sur une inspiration divine ; sa beauté esthétique est en elle-même l’attestation de son miracle et la preuve de son origine céleste.
On sait que, dès sa jeunesse, Goethe fut profondément fasciné par la personnalité du prophète Mahomet (qu’Allah le bénisse et le salue). À l’âge de vingt-trois ans, il conçut même un projet de drame par lequel il entendait contrecarrer l’œuvre malveillante de Voltaire. La première scène de cette pièce devait dépeindre le réveil marquant de la foi chez le Prophète, tandis que la seconde devait illustrer ses efforts pour transmettre la conception divine à son entourage. C’est à cette époque que Goethe composa son poème magistral, Le Chant de Mahomet (Mahomets Gesang), considéré comme la toute première glorification du prophète Mahomet par un poète européen.
Karoline von Günderrode a adopté une démarche presque similaire dans son poème homonyme, « Mahomet rêve dans le désert ». Elle y met en scène la prière du Prophète :
« Devant mon regard, la force divine déchire la nuit du destin ! / Elle me donne à voir l’avenir / Mes étendards sortiront-ils victorieux ? / Ma loi dominera-t-elle le monde ? »
Injustement oubliée, Günderrode est morte en 1806. Plus d’un siècle après elle, Klabund a repris le thème de l’expérience mystique de la révélation du Prophète dans son roman Mahomet (1917). Rainer Maria Rilke l’a également mise en vers dans son sonnet « La Vocation de Mahomet », paru à Paris en 1907, après que l’orientaliste Friedrich Carl Andreas l’eut encouragé à se familiariser avec le Coran et la vie du Prophète en s’appuyant sur le Divan.
Goethe fut le premier grand poète européen à s’ouvrir ainsi à l’islam et à transmettre, avec un esprit d’une remarquable tolérance, de nouvelles dimensions du Coran et de l’ensemble du monde arabe. Malheureusement, rares furent ses contemporains capables de le suivre. Seuls les esprits les plus fins marchèrent sur ses pas durant la première moitié du XIXe siècle. Néanmoins, sa voix résonna jusqu’en Europe de l’Est, où elle atteignit le plus célèbre des poètes russes, Alexandre Pouchkine, ainsi qu’Adam Mickiewicz, le poète polonais le plus illustre. Tous deux créèrent à leur tour des œuvres poétiques dans lesquelles ils explorèrent le monde islamique et ses modes de vie avec sérieux, intensité et une profonde sympathie.
Si l’Europe et le monde occidental, au lieu de perpétuer de vieux préjugés sur le monde arabe, avaient écouté la voix de ces esprits éclairés et les avaient considérés comme des guides, le monde d’aujourd’hui s’en porterait tellement mieux.
(Cet article est inspiré d’une chronique culturelle parue dans la presse suisse-allemande.)