Adel Djazairi raconte le ” Guantanamo”
L’algérien Adel Djazairi, sorti au début de l’année de la prison de Guantanamo, brise enfin le silence alors qu’il se trouve depuis trois mois dans sa région natale de Bechar. Il se confie à Echorouk et raconte pour la première fois ses déboires dans ce tristement célèbre camp de détention.
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Adel Djazairi qui a quitté l’Algérie en 1986 à l’âge de six ans, raconte que de nombreuses personnalités, arabes notamment, se sont penchées sur son cas et ont intercédé pour sa libération. Il cite comme exemple le roi marocain Mohammed VI, le roi de Jordanie ainsi que le président afghan Hamid Karzai. Ces souverains ont présenté une liste de noms réclamant la libération de prisonniers, mais le président américain G.W. Bush avait en 2004 refusé, arguant que ça ne relevait pas de sa responsabilité. Toutefois, Bush avait accepté d’extrader quelques détenus vers leurs pays respectifs. Adel n’était pas concerné !
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Néanmoins, depuis que l’algérien a été inclus dans les listes des détenus dont on réclamait la libération, sa situation a changé à l’intérieur du pénitencier: il était un peu mieux traité qu’auparavant. Adel ne subissait plus de torture, physique et morale.
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Notre interlocuteur déclare, par ailleurs, ignorer les raisons pour lesquelles des présidents ou rois avaient intercédé en sa faveur. Il affirme qu’il ne connait pas, par exemple, le président karzai. Il ajoute que ce sont les responsables djihadistes qu’il connaissait qui en auraient fait la demande au président afghan, au regard de ses relations particulières avec les États-Unis. Ces intermédiaires auraient informé Hamid Karzai que Adel Djazairi était à l’origine de la révélation de documents importants au sujet du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan.
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Hormis les interventions des dignitaires pour sa libération, Adel raconte que durant son séjour dans la prison de la honte, il recevait beaucoup de cadeaux, et souvent de valeur comme celui envoyé par la famille royale de Jordanie. Les stars du football mondial lui ont également envoyé des présents à l’instar de Zidane.
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Pourtant, Adel n’a reçu qu’une partie de ses cadeaux. Et encore ! Car ceux qu’il a envoyés à sa mère en Algérie ne sont jamais arrivés, et ceux qui étaient destinés à son épouse au Pakistan ne sont pas tous parvenus à bon port.
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Les États-Unis devaient aussi dédommager l’ex détenu algérien, ainsi que ses compagnons de Guantanamo comme le photographe d’El Jazeera, Sami El Hadj. Notre interlocuteur n’a encore rien reçu. Il est dans l’attente des promesses américaines.