Agriculture: L'Algérie importe ce qui ne lui convient pas!
Aissa Abdelguerfi, expert en agronomie et professeur à l'Institut National d'Agronomie à El Harrach, a révélé que, durant les vingt dernières années, l'Algérie avait perdu une grande partie de ses richesses en terme de graines, particulièrement les céréales et certaines variétés animales rares dans le mondeC’est des ressources importantes notamment en raison de leur excellente adaptation au climat semi-aride qui a longtemps prévalu en Algérie avant que ne soit découvert le phénomène de l’effet de serre.Aissa Abdelguerfi a affirmé dans une déclaration à Echorouk que des experts américains s’étaient rendus en Algérie au début des années soixante-dix pour effectuer, dans la région du Tassili, des recherches et des expériences scientifiques très poussées sur le réchauffement de la planète et étaient parvenu à des résultats significatifs. Ces experts avaient déduit que la situation que vivront de nombreux pays dans les prochaines années ressemblera sans aucun doute au climat qui sévit dans le sud algérien depuis des siècles. Ces conclusions avaient alors amené les chercheurs américains à sélectionner des échantillons de graines algériennes adaptées au climat semi-aride; ils les ont développées et les cultivent actuellement au Etats-Unis en enregistrant d’importantes récoltes. Pendant ce temps, l’Algérie importe des semences et d’autres produits inadaptés à son sol et à son climat particuliers. Ceci a eu des répercussions négatives, selon le chercheur, sur la réalisation d’une bonne production céréalière, laitière et autres productions stratégiques. Notre interlocuteur a révélé que de nombreuses espèces animales algériennes de haute qualité de production en lait et en viande, à l’instar du mouton de Ouled Djellal et autres variétés de chèvres vivant dans le Sahara, ont été exportées vers l’Australie et l’Amérique et ont eu un grand succès dès leur installation dans un milieu semi-aride, semblable à leur milieu d’origine. Aissa Abdelguerfi a, par ailleurs, mis en garde contre les conséquences néfastes de la dilapidation de milliards de dollars par le gouvernement dans des programmes agricoles inutiles, dit-il, devant l’absence de prise en considération de la recherche scientifique dans le domaine. Parallèlement à la négligence des recherches agronomiques, on assiste ces dernières années à une politique bien étrange qui consiste en l’importation de semences et de variétés animales de pays dont le climat n’a rien à voir avec le climat algérien, à commencer par les semences de pommes de terre, les vaches laitières amenées de Hollande, de Belgique et de France. Il a été prouvé scientifiquement que ces vaches ne pouvaient résister au climat du pays, ce qui influe négativement sur la quantité de lait produite. Résultat: ces vaches passent aux abattoirs.Le spécialiste Abdelguerfi préconise la révision de cette politique et le développement des variétés locales.