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Aït Larbi: «Le pouvoir n’agit que sous la pression»

الشروق أونلاين
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Echoroukonline
Me Mokrane Ait Larbi

Invité du forum d’Echoroukonline, l’éminent juriste Mokrane Aït Larbi est revenu sur l’actualité politique marquée par le mouvement de l’opposition, à travers la tenue par la Coordination pour les libertés et de la transition démocratique (CLTD) d’une conférence pour la transition démocratique à laquelle il a pris part ainsi que par les consultations sur la révision constitutionnelle que mène le directeur de cabinet de la présidence de la République.

Interrogé sur la situation des libertés et de l’exercice démocratique en Algérie, Me Aït Larbi a dit que l’Algérie a ratifié les différentes conventions des droits de l’homme mais cela ne se reflète pas sur le terrain. Toutefois le juriste a reconnu qu’il y a une amélioration en matière des droits de l’homme qu’il y a vingt ans, en reprochant au pouvoir également le fait d’exiger d’autorisation au préalable bien que la Constitution le garantit.

Par ailleurs, il a souligné qu’en Algérie « tout ce qui n’est pas autorisé est interdit ». 

« En Algérie, on est plutôt face à une crise des libertés et des droits, bien qu’il y ait une amélioration qu’il y a vingt ans », estime-t-il.

Interrogé sur ce qu’il le faisait dire que Bouteflika allait remporter les élections présidentielles du 17 avril dernier, Me Aït Larbi a dit que « depuis 1962 à ce jour, le candidat du pouvoir a toujours été élu ».

Revenant sur les réformés initiées par le chef de l’Etat en avril 2011, le défenseur des droits de l’homme a estimé que « le pouvoir algérien n’agit que sous la pression» et que le Président n’a décidé de telles réformes que dans le but que le vent du “Printemps arabe” ne souffle pas sur l’Algérie, dont la quasi-totalité de ses frontières sont vulnérables.

A la question de savoir s’il y a une volonté d’aller vers une justice indépendante, l’éminent avocat a dit que la justice algérienne est loin d’être indépendante d’autant qu’elle est assujettie au pouvoir exécutif.

« Les juges obéissent plutôt aux instructions qui leurs parviennent d’en haut qu’à l’application de la loi », juge-t-il.

Pour lui, l’indépendance de la justice est un terme qui n’a aucun sens étant donné que des facteurs qui n’ont rien à voir avec la justice se mêlent  dans le travail des juristes, comme l’argent. Et Me Aït Larbi d’expliquer: « Il y a des juges qui appartiennent à des partis politiques alors que la loi l’interdit ».

Se rendant à Tizi Ouzou lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 1999, Bouteflika avait lancé à la population que la promotion de la langue amazighe ne se fera que par la voie du référendum, a souligné Me Aït Larbi. Selon notre interlocuteur, le président Bouteflika a décidé de promouvoir Tamazight en langue nationale sans autant la soumettre à un référendum, et ce suite aux événement de Kabylie en 2002. Ceci dit, le pouvoir algérien n’agit que lorsqu’il y a le feu dans la maison

“Je suggère la tenue d’une deuxième réunion de la CLTD en septembre”: Me Mokrane Ait Larbi a révélé au sujet de la conférence pour la transition démocratique à laquelle il a pris part qu’il proposait la tenue d’une deuxième conférence en septembre prochain, coïncidant avec la rentrée sociale et ce pour définir les buts à atteindre.

Pour lui, il est nécessaire d’élargir les contacts aux citoyens de sorte que la question soit bien expliquée à travers des réunions, des rencontres et du dialogue avec le peuple et la base militante des différentes formations politiques.

Interrogé sur la participation du pouvoir à la conférence de la CLTD, l’invité du forum d’Echoroukonline a souligné que le pouvoir est actuellement préoccupé par les consultations sur la révision constitutionnelle, tout comme l’opposition qui, elle aussi, préoccupée par la conférence pour la transition démocratique.

D’après ses dires, il y a grand intérêt qu’’il y ait un rapprochement entre le pouvoir et l’opposition pour parvenir à s’asseoir autour d’un table où il sera question d’exposer toutes les questions qui convergent et celles qui divergent en vue d’arriver à une solution consensuelle qui devrait satisfaire les uns les autres.

Pour lui, la CLTD pose plus de questions qu’elle ne réponde et que chacune des deux parties, le pouvoir et l’opposition veut imposer sa propre vision pour résoudre les problèmes à l’avenir.  

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