Algérie: les familles des personnes disparues réclament la véri
L'association “SOS disparus” a réclamé dimanche à Alger “vérité et justice” et la fin du harcèlement judiciaire lors d'un rassemblement des familles marquant la Journée mondiale des disparus.
“Nous avons enregistré 8.005 dossiers de disparus. Les familles veulent la vérité. S’ils sont morts, nous voulons leurs ossements pour les enterrer et faire notre deuil”, a déclaré à l’AFP Fatiha Yous, présidente de “SOS disparus”.
Sous une banderole où l’on pouvait lire “Ratifiez la convention sur les disparitions forcées”, une cinquantaine de personnes ont scandé “nos enfants sont notre cause. Rien ne nous fait peur, rien ne nous arrêtera”.
Les services de sécurité peu présents ont toutefois empêché les passants de discuter avec les manifestants.
Hacène Ferhati, membre de l’association, a dénoncé le harcèlement judiciaire dont sont victimes les familles depuis deux mois pour accepter les indemnisations de l’Etat.
“J’ai été convoqué et on m’a demandé d’accepter l’indemnisation. Ceux qui acceptent ont de l’argent, un certificat de décès mais pas la vérité”, a-t-il affirmé.
Chaque famille s’est vue proposer 17.000 euros qu’elle ait un ou plusieurs disparus, a-t-il affirmé. Plus de 60°% des familles ont accepté cette indemnité et obtenu le certificat de décès mais réclament toujours la vérité sur leurs proches, a encore ajouté M. Ferhati.
En octobre 2010, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait déclaré au parlement que sur 6.448 disparus recensés lors des violences islamistes des années 90, 35 seulement devaient encore être réglés.
Sur 13.332 dossiers de familles ayant eu un membre impliqué dans des actes de terrorisme, seuls 57 étaient en cours de finalisation.
Les violences ont éclaté après la suspension du processus électoral en 1991 qui promettait la victoire législative au Front islamique de Salut (FIS, islamiste).
Après son élection en 1999, le président Abdelaziz Bouteflika a initié une réconciliation nationale pour mettre un terme à cette guerre civile qui a fait 200.000 morts.