Aminatou Haïdar à Echorouk: Un combat au prix de la vie
La militante sahraouie des droits de l’homme Aminatou Haïdar a affirmé dans son premier entretien après son retour à El Ayoun, accordé à Echorouk, que son combat a porté ses fruits, puisque sa grève de la faim de 32 jours a abouti à la reconnaissance par Fouad Ali El Hemma, bras droit du roi marocain, que le Maroc a hérité de la colonisation espagnole l’administration, et non la souveraineté sur les territoires sahraouis occupés.
- Dans un premier temps Aminatou Haidar décrit le dispositif sécuritaire marocain déployé autour de son domicile, et dans tous les chemins qui y mènent. Les services de sécurité marocains présents en force empêchent tout accès à la maison de la militante. Même les voisins sont contraints de présenter leur carte d’identité pour prouver qu’ils habitent bien le quartier.
- «Après que j’ai démenti les allégations marocaines disant que j’aurais fait des excuses au roi et prétendant que j’aurais déclaré que j’étais marocaine, l’étau s’est encore resserré et aucun journaliste n’a pu m’approcher. Donc toutes mes déclarations se font par téléphone».
- La militante a rejeté toutes les conditions, et pour elle, il n’était point question d’excuses.
- Echorouk: Avez-vous pensé à la mort durant votre grève de la faim ?
- A.H. : La mort est une chose écrite et une fin inéluctable, mais on ne peut vivre sans dignité. J’ai consacré ma jeunesse et ma vie au peuple sahraoui. Pour moi, la vie et la mort, sont au même niveau et c’est un combat que je mène au prix de ma vie.
- Echorouk: Je vous pose la question, car n’importe quelle femme dans votre situation aurait pensé au sort de ses enfants après elle…
- A.H. : Mes sentiments de mère envers ses enfants sont un fait, mais dans de pareils moments je fais passer la raison avant les sentiments, car mes enfants ne peuvent vivre non plus sans dignité, mais ils peuvent en revanche vivre sans mère.
- Echorouk: Est-il vrai que votre retour a été tranché suite à l’intervention du président français Nicolas Sarkozy ?
- A.H. : Je ne peux dire que l’intervention du président Sarkozy a permis mon retour auprès des miens, mais la position américaine et celle de l’Union européenne qui ont mis en garde le Maroc et même la France ont grandement contribué à faire changé d’avis le Maroc et lui faire accepter mon retour.
- «Ce qu’il faut souligner et ce qui parait plus important, c’est la déclaration hier de Fouad Ali El Hemma, leader du parti marocain Authenticité et Modernité et bras droit du roi. Il a affirmé dans un entretien que le Maroc avait hérité de la colonisation espagnole l’administration, et non la souveraineté sur les territoires. Ceci peut dès lors être considéré comme une victoire dans la bataille que j’ai livrée face au Maroc en observant un grève de la faim, après mon expulsion illégale et immorale d’El Ayoun occupée».
- Le Maroc n’a aucune souveraineté sur le territoire sahraoui selon le propre aveu du président du parti marocain Authenticité et Modernité et bras droit du roi.