APN: les internés du Sud plaident la programmation de leur dossier
Un certain nombre d’anciens prisonniers au sud du pays durant les années 90, se sont rapprochés des députés pour leur demander de programmer leur dossier au centre des débats lancés hier dans le cadre des réformes politiques annoncées par le chef de l’État.
Les anciens détenus ont rappelé dans leur correspondance adressée au président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari et aux présidents de groupes parlementaires dont Echorouk détient une copie, « à l’occasion des débats sur les réformes politiques que vous avez lancées, nous vous sollicitons à programmer le dossier des prisonniers dans ces débats et à classifier dans la loi sur la Réconciliation nationale cette frange marginalisée en tant que victime de la Tragédie nationale et à lui accorder des réparations morales et matérielles ».
Les rédacteurs de cette missive ont invité les députés de la Chambre basse du Parlement à mettre leur dossier au centre des débats sur les réformes politiques afin de permettre à des milliers d’anciens prisonniers de sortir de l’ornière.
Il convient de rappeler que les détenus ont été incarcérés en 1992 pendant quatre années dans des centres de détention au sud du pays sans être jugés.
Rappelant les conditions de détention dans ces centres du sud, les rédacteurs de la missive ont dit que près de 18 prisonniers ont péri des suites des maladies cancéreuses provoquées par le rayonnement nucléaire.
Ils ont ajouté que plusieurs d’entre eux sont atteints de graves maladies dues à leur présence dans ces centres de détention implantés à proximité des endroits où les essais nucléaires ont été effectués par le colonialisme français.
Le porte-parole de la Coordination nationale des internés du Sud, Abdelaziz Nasreddine, a déclaré de son côté à Echorouk que des juristes et des avocats étrangers ont pris attache avec son organisation dans le but de déposer leur dossier auprès des institutions des droits de l’Homme internationales à l’instar de la Cour pénale internationale. Il a dit qu’ils sont même prêts à déposer une plainte officielle au niveau de toutes les organisations des droits de l’Homme affiliées aux Nations unies, notamment au niveau de l’Organisation mondiale contre la tortue.
Mais Abdelaziz Nasreddine a dit que sa structure a refusé catégoriquement l’implication d’étrangers dans cette affaire et se dit confiant que les autorités algériennes sont à même de régler ce problème.