Bagarres, armes blanches, cocktail-molotov… l’artillerie des Algériens pendant le Ramadhan !
Tout commence par une petite querelle entre deux personnes, puis les familles s’impliquent, avant que ça se transforme en guerre entre quartiers, usant de gourdins, d’armes blanches et de gaz lacrymogène, et entrainant parfois des morts et des blessés. Incroyable ! Mais c’est le quotidien de beaucoup d’algériens en ce mois sacré de Ramadhan, censé être un mois de piété et de pardon.
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Depuis le début du mois de Ramadhan, 70% des affaires qui ont atterri dans les différents tribunaux concernent les insultes et violences verbales, coups et blessures délibérées, tandis que 30% concernent des disputes entre voisins, entre quartiers ayant entrainé mort d’homme, ou des handicaps irréversibles.
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Dans ce sens, le quartier Mokhtar Zerhouni a été le théâtre avant-hier d’une bagarre qui a opposé les jeunes du quartier de la Casbah à ceux de Belcourt, relogés dernièrement. Des armes blanches et des bombes lacrymogènes ont été utilisées, et trois personnes ont été blessées. Plus étrange, le motif de la querelle: un jeune a vu un autre regarder en direction du balcon de sa maison. Conséquences de ce sentiment de vendetta: Ces deux jeunes sont atteints de graves blessures.
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Des scénarios aussi bizarres l’un que l’autre, parfois accompagnés de youyous et “d’Allah Akbar”, comme cela s’est produit au quartier 1686 logements à Birtouta entre les habitants d’El Harrach et de Oued Koreich, relogés là récemment. A l’origine du drame, une querelle entre enfants au sujet d’une balançoire…Tout a dégénéré, un homme a été tué à coups de poignards, trois autres ont été blessés et plusieurs voitures ont été saccagées. La détérioration de la situation dans ce quartier a nécessité l’intervention des services de la sureté de la daïra de Birtouta, appuyés par la sureté de wilaya d’Alger afin d’entreprendre un travail préventif et de proximité. Des séances de conciliation ont été organisées en présence du frère de la victime. Toutes les préoccupations des habitants ont été soulevées et dès le lendemain, le climat s’est apaisé et les services de police leur ont demandé de créer des comités de quartiers pour encadrer et être à l’écoute des soucis quotidiens.
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Les mêmes évènements sanglants et douloureux ont ébranlé d’autres nouveaux quartiers où ont été récemment relogés les habitants des bidonvilles. Citons à titre d’exemple les affrontements qui ont eu lieu entre les habitants de Djenane Sfari et ceux de Diar Chems qui venaient d’être relogés, à Bab El Oued et le quartier dit “Carrière”, ou encore la bagarre qui a éclaté entre les familles du quartier Doudou Mokhtar relogés récemment aux 1200 logements dans la commune de Tessala El Merdja et les habitants du bidonville dans cette même commune. Le plus surprenant c’est que ces drames commencent dans la plupart des cas avec des altercations verbales, avant que les rangs des rivaux ne grossissent pour une vengeance collective.
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