Ce qui n’a pas été dit lors de la visite de Manuel Valls !
La dernière visite en Algérie du Premier ministre français, Manuel Valls, a été une occasion d’évoquer bon nombre de questions qui intéressent les dirigeants des deux pays, sauf qu’une question n’était pas au menu, celle du passé colonial de la France et des excuses que cette dernière doit au peuple algérien.
Vu les contrats conclus lors de la dernière visite de Manuel Valls, il s’est avéré que le but majeur de l’Hexagone, à travers ses expéditions en Algérie, est de gagner des marchés qui profiteront aux entreprises françaises, en difficulté, de reconquérir de nouveaux espaces et de se repositionner sur le marché algérien après avoir été détrônée par la Chine qui devient premier fournisseur du pays.
Ce qu’il faut retenir lors de ce voyage, c’est que la partie française aurait obtenu des marchés souhaités, voire plus, même si qu’elle n’ait fait aucune concession montrant qu’elle traite avec un Etat souverain et non plus une zone d’influence héritée d’ère coloniale.
Ce qui renforce cette thèse, c’est que les officiels algériens n’ont pas demandé à leurs « hôtes » de présenter des excuses pour les crimes perpétrés durant 132 ans d’occupation. Sachant que cette revendication a été fortement saluée par de larges pans de la société, l’opinion publique et les partis politiques, à savoir le projet de loi portant criminalisation du colonialisme qui est enfermé dans les tiroirs de la Chambre basse du parlement.
Alors qu’il était fréquemment soulevé lors des entretiens entre les deux pays, ce projet de loi est perçu ces dernières années comme étant un sujet tabou, notamment sous l’actuel locataire du palais de l’Elysée, François Hollande, qui n’a permis aucune avancée sur le sujet tout comme son prédécesseur qui avait annoncé ,lors de sa visite en Algérie en 2007, que « le système colonial est injuste».
En dépit de l’adoption de la nouvelle constitution et l’élargissement des prérogatives de l’opposition, qui aura la possibilité de proposer des projets de loi, aucun député ni parti politique n’a jugé utile de relancer ledit projet dans cette conjoncture marquée par un climat tendu entre les deux pays.
Si les provocations françaises se limitaient aux questions liées à l’Histoire – qui ne doit pas être mise aux oubliettes -, les Algériens auraient pu se projeter vers l’avenir, comme ne cessent de le répéter les dirigeants français chaque fois qu’ils sont confrontés à la question de la mémoire, mais les harcèlements deviennent de plus en plus récurrents et s’étendent aux volets économique et diplomatique.
Force est de constater que les Français préfèrent d’autres pays pour y investir, notamment ceux qui entretiennent des relations sensibles avec l’Algérie. A ce titre, l’on cite le Maroc qui abrite l’une des grandes usines de fabrication automobile du géant français « Renault », sachant que les produits de ce dernier sont très vendus sur le marché algérien plus que tout autre pays africain, tout comme ceux de « Peugeot-Citroën».
En effet, il serait stupide de penser que des investissements extérieurs de « Renault » et « Peugeot-Citroën» n’obéissent pas à la politique extérieure de la France, comme il serait stupide de dire que les politiques français n’étaient pas impliqués dans le choix du Maroc pour accueillir les usines de ces deux constructeurs plutôt que l’Algérie.