Conférence désarmement: 1er accord sur un programme de travail depuis 1996
La Conférence du désarmement de l'ONU, dans l'impasse depuis 1996, “s'est mise d'accord sur un programme de travail pour 2009”, a annoncé vendredi Elena Ponomareva, porte-parole de l'ONU à Genève.
- Mme Ponomareva n’a pas donné plus de détail sur cet accord, annonçant la publication prochaine d’un communiqué de presse de l’organe de l’ONU.
La Conférence de désarmement n’a plus rien produit depuis 1996 et la signature du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), en raison de son incapacité à se mettre d’accord sur un programme de travail. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait appelé il y dix jours à Genève les 65 Etats membres de la Conférence à profiter du “nouvel élan” créé par l’ouverture de négociations russo-américaines sur le ésarmement
nucléaire.
Les Etats-Unis ont indiqué mardi à Genève être prêts à mettre de côté leurs réticences pour sortir la Conférence du désarmement de l’ONU de l’impasse grâce à un compromis.
Le chargé d’affaires des Etats-Unis devant la conférence Garold Larson avait indiqué que Washington était prêt à reprendre les conversations sur la base de la proposition de compromis présentée au début du mois par un groupe d’Etats ne disposant pas de l’arme nucléaire, en dépit de doutes concernant sa formulation.
“Mais nous y sommes presque, et je suis heureux de déclarer que les Etats-Unis sont prêts à rejoindre le consensus dès qu’il sera atteint, sur la base du texte existant”, avait-il dit.
La proposition présentée par le Vietnam, le Zimbabwe, l’Algérie, l’Argentine, l’Australie et l’Autriche a également reçu jeudi le soutien de sept pays: l’Irlande, l’Italie, l’Inde, la Bulgarie, l’Irak, le Bélarus et le Mexique.
La proposition permettrait d’entamer des conversations sur ce qui est une priorité pour Washington –un traité vérifiable interdisant la production de matière fissile– “ainsi que des discussions sérieuses sur une série d’autres sujets qui reflètent les préoccupations actuelles des Etats membres de la Conférence du désarmement”.
La question d’un traité d’interdiction de production de matière fissile est sur la table depuis 1995 mais les 65 Etats membres de la Conférence, soumis à la règle de l’unanimité, ont échoué jusqu’à présent à se mettre d’accord sur un ordre du jour.
Le projet de compromis propose par ailleurs de former des groupes de travail sur la demande de la Russie et de la Chine d’un traité d’interdiction de la militarisation de l’espace extra-atmosphérique, ainsi que sur les
conversations sur un désarmement nucléaire total, demandées entre autres par des Etats qui se sont dotés récemment de l’arme nucléaire comme l’Inde et le Pakistan.
La Chine et la Russie devaient encore se prononcer sur la proposition de compromis. Cependant, en mars dernier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué que Moscou était prêt à entamer des négociations sur un traité d’interdiction de production de matière fissile.