Découpage administratif, un autre casse-tête pour le gouvernement !
L’annonce du gouvernement de la promotion de 11 daïras du sud du pays en wilayas déléguées dans une démarche qui vise à apaiser la tension qui prévaut dans cette région, semble attiser davantage la situation, eu égard des contestations ayant éclaté à Boussaâda, Mechria et Aflou.
Plusieurs actions de contestation ont éclaté dans bien des régions du pays. Des citoyens sont descendus dans la rue pour réclamer eux-aussi l’exécution des promesses de promotion de daïras en wilayas tenues par le directeur de la campagne du président Bouteflika lors de la campagne électorale. D’ailleurs, des dizaines de jeunes à Aflou dans la wilaya de Laghouat ont entouré le ministre des Moudjahidine, lors d’une visite de travail dans la région, et lui ont exprimé leur indignation face à la non-promotion de leur daïra en wilaya déléguée à l’image des 11 autres annoncées par le Premier ministre.
Des moudjahidine et notables de la région ont adressé des pétitions signées par les membres de la société civile réclamant la promotion de la daïra d’Aflou en wilaya, en se référant à une vidéo dans laquelle l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia avait promis « la promotion d’Aflou en wilaya quelque soit le nombre de wilayas créees ».
La contestation s’est étendue à Mechria dans la wilaya de Naâma, dont les notables ont eux-aussi demandé au Premier ministre la promotion de leur daïra en wilaya tout en manifestant leur regret quant aux événements qu’ont vécus les villes du sud du pays, à l’image de In Salah, In Guezzam, El Meghir, El Meniaâ, Beni Abbès, Touggourt, Bordj Badji Mokhtar, Djanet et Timimoune.
Outre Aflou Mechria, Boussaâda, Sidi Aïssa, des citoyens se sont rassemblés mardi à Aïn Sefra réclamant eux-aussi la promotion de leur daïra en wilaya.
Il est à noter que l’annonce faite par le Conseil ministériel restreint pour contenir la colère de la population du Sud semble avoir un effet contraire à celui qu’aurait souhaité le gouvernement, d’autant plus que la tension s’étend à d’autres régions du pays.
Pour l’ex-membre du Conseil constitutionnel, Amer Rekhila estime que la promotion de daïras en wilayas est le résultat d’une décision politique dictée par les circonstances que traverse le pays dans ce contexte marqué par l’élargissement du front de contestation dans le sud du pays.
Pour lui, la décision du gouvernement serait derrière le chaos semé parmi les citoyens du sud du pays et devrait augmenter la perte de confiance entre le gouvernant et le gouverné.
Selon lui, le découpage administratif devrait se heurter aux obstacles d’ordre financier dus aux mesures d’austérité décidées par l’Etat en réaction à la dégringolade continue des cours du pétrole.