Des analystes à Echorouk: “Sellal ou Belkhadem pour succéder à Bouteflika”
Abdelali Rezagui, docteur en Sciences politiques à l’Université d’Alger prévoit un nombre de scénarios éventuels pour faire face à la maladie du président de la République, Abdelaziz Bouteflika hospitalisé à Val-de-Grâce puis aux Invalides à Paris depuis 45 jours.
Dans une déclaration à Echorouk, Dr Rezagui trouve que les décideurs œuvrent, depuis qu’ils aient eu une confirmation de l’incapacité de Bouteflika de poursuivre ses fonctions à proroger la période de la gouvernance de l’actuel Premier ministre, Abdelmalek Sellal jusqu’à la tenue des élections présidentielles prévues en avril 2014.Parmi les scénarios que prévoie Dr Rezagui figure « la participation de Abdelmalek Sellal, appuyé par les décideurs, à la prochaine présidentielle avec d’autres candidats, mais avec plus de chances de passer au second tour lui qui a eu le soutien de plusieurs partis, à savoir en l’occurrence le FLN, le RND, TAJ, MPA et le PT ». Pour étayer ses dires, l’enseignant a expliqué que des prérogatives presque élargies ont été accordées au Premier ministre en lui confiant de prérogatives du chef de l’Etat à l’exception de celle de présider le Conseil des ministres. Selon Dr Rezagui, le Premier ministre détient 5 prérogatives sur les 12 que détient le président de la République, à savoir la représentation de l’Algérie dans les grands rendez-vous internationaux, à l’instar du Sommet de l’UA tenu récemment à Addis-Abeba, la signature de la décision d’effacement de la dette en faveur d’un nombre de pays africains et arabes, etc.Selon l’analyste, tous les indices montrent que tout va dans ce sens, sauf en cas du décès de Bouteflika, les données changeront et le scénario de voir Sellal succéder à Bouteflika serait difficile de se réaliser. Dans ce cas de figure, selon notre interlocuteur, le pouvoir se mettrait à la recherche d’une autre personne capable de dialoguer, dont il est probable qu’il ferait appel à l’ex-secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem.S’agissant d’éventuelle création d’un poste de vice-président lors de la prochaine révision de la Constitution, Dr Rezagui est affirmatif en disant qu’il était impossible de réviser la Loi fondamentale en précisant que « parler d’un révision de la Constitution, c’est fini », d’autant que la révision nécessite d’abord la tenue du Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’Etat qui présenterait le projet de révision de la Constitution devant le Parlement.Et de poursuivre: « Toutes les lois portant les réformes initiées par Bouteflika auraient fini et elles ne seraient pas présentées devant l’hémicycle ».L’ex-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (Laddh), Hocine Zehouane a, de son côté, dit que la maladie de Bouteflika aurait compliqué davantage les choses, et que le pays serait dans le flou.« Ce qui est connu de la situation politique du pays depuis l’indépendance, c’est bien le flou et il n’y a pas d’institutions constitutionnelles qui pourraient l’enlever», a indiqué le défenseur des droits de l’homme. Pour lui, deux scénarios peuvent se produire à l’approche des élections de 2014: « Si le président Bouteflika se rétablissait de sa maladie, qu’elle serait sa position et celle de son entourage? Le pouvoir pourrait-il organiser des élections ouvertes? », s’est interrogé l’ex-président de la Laddh.Si Bouteflika reprenait ses fonctions et annonçait son intention de se représenter pour un 4e mandat, les choses éclateraient car le peuple s’opposait à un tel scénario, a-t-il conclu.