Des chèques en bois pour d’énormes quantités de médicaments
Des entreprises et des laboratoires pharmaceutiques ont averti le ministère de la santé et de la réforme hospitalière ainsi que les services de sécurité et le fisc de l'existence d'un réseau spécialisé dans l'extorsion de fonds, la fraude fiscale et l'écoulement de médicaments dangereux à partir de la wilaya de Constantine.
- Des représentants d’entreprises et de laboratoires pharmaceutiques ont révélé à Echorouk avoir découvert l’existence de ce réseau suite à des opérations avec quelques pharmacies de la wilaya de Constantine qui ont réglé leurs commandes avec des chèques sans provisions.
- L’enquête a mis au jour l’implication d’une bande organisée qui utilise des chèques en bois pour s’approvisionner en médicaments et produits pharmaceutiques coûteux entre autres des médicaments psychothérapeutiques qui ne sont délivrés que sur ordonnance médicale, et les écouler illégalement sur le territoire national.
- Echorouk a obtenu une copie de quelques uns de ces chèques émis par la pharmacie Bendali à Constantine, qui auraient du couvrir le prix d’achat d’une quantité de médicaments se montant à 9 milliards de centimes. Il s’est avéré que la propriétaire de l’officine a déjà eu maille à partir avec la justice, ayant écopé de deux mois de prison pour avoir fraudé Saidal à l’instar d’entreprises et de laboratoires pharmaceutiques français et américains comme Pfizer.
- Le président du syndicat de Saidal, Belamri Messaoud, dénonce ces procédés immoraux et rejette toute solidarité avec les pharmacies qui travaillent en dehors du cadre légal. Il ajoute que la faible marge bénéficiaire des pharmaciens ne justifie aucunement le recours à des procédés frauduleux qui portent atteinte au noble métier de pharmacien et à sa dignité, en plus de tous les problèmes économiques et sociaux qu’engendre la circulation illégale d’une grande quantité de médicaments.
- Belamri ajoute que la moyenne du chiffre d’affaires annuel d’un pharmacien est correcte, permet une gestion équilibrée et de mener une vie tout à fait digne dans les limites du raisonnable. Mais si ce chiffre atteint 10 ou 15 milliards de centimes, il devient suspect d’où la nécessité de l’intervention des services concernés pour y mettre un terme.
- Le président du syndicat révèle que quelques distributeurs de divers produits pharmaceutiques remplissent de fausses déclarations et vont jusqu’à utiliser des prête-noms pour couvrir leurs chiffres d’affaires annuels faramineux auprès du fisc. Par ailleurs, les services de sécurité ont réussi à établir un lien entre certains de ces distributeurs et des bandes de passeurs de médicaments vers les pays voisins.