Des émigrés “accueillis” par la justice à leur arrivée en Algérie
Selon des sources concordantes, des dizaines d’émigrés algériens s’exposent à des poursuites judiciaires et des condamnations à la prison dès qu’ils foulent le sol national, notamment pour les vacances d’été. Suivant les cas, les accusations et les condamnations, ces émigrés sont conduits des ports et aéroports directement au poste de police ou au tribunal.
- Dans ce cadre, Maitre Omar Rekhila a indiqué à Echorouk que de nombreux algériens de retour au pays ces derniers temps ont été surpris de découvrir qu’ils sont poursuivis par la justice sur décision du tribunal, sans qu’ils soient au courant. D’après le juriste, la plupart des affaires datent de la décennie noire ou même d’avant. D’ailleurs, dans 90% des cas, les personnes sont poursuivies pour abandon de famille ou non versement de la pension alimentaire et disent être parties dans les années soixante ou soixante dix pour gagner leur vie.
- La majorité a un niveau d’enseignement élémentaire, certains n’ont même pas divorcé et, par crainte de se retrouver seuls à un âge avancé, ils reviennent…mais ils ne s’attendaient pas à devoir affronter la justice.
- Des sources judiciaires ont indiqué à Echorouk que plus de 500 mille mandats d’arrêt contre des émigrés algériens de retour au pays ont été exécutés les cinq dernières années, dont 400 affaires mettant en cause des personnes âgées condamnées, il y a de cela plusieurs années.
- Il y a également d’autres affaires relatives à l’escroquerie, l’usurpation d’identité et la dilapidation des deniers d’entreprises publiques. Echorouk note l’exemple de cet algérien qui avait émigré en France à l’indépendance et qui vivait sous l’identité de son voisin décédé depuis la seconde Guerre, jusqu’à ce qu’on découvre le pot aux roses et qu’on l’arrête l’année dernière à l’aéroport Houari Boumediene.
- Même si les décisions de justice datent, elles doivent être mises à exécution, explique Maitre Rekhila. Notre interlocuteur poursuit que l’abandon de famille ne concerne pas les militaires ou les responsables qui sont contraints de par leur travail, d’être loin de leur famille. Il ajoute que les émigrés qui sont partis en masse dans les années soixante-dix pour vivre en Europe, n’ont pas divorcé dans de nombreux cas. Des jugements ont été prononcés à leur encontre pour abandon de famille et non versement de la pension. Trois de ces cas étaient devant le tribunal d’Hussein Dey la semaine dernière. Les émigrés qui comparaissaient avaient plus de 70 ans.
- Le juriste conclut que dans la plupart des affaires, les poursuites judicaires se terminent par des peines légères surtout lorsque les mis en cause sont âgés.