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Dans une lettre publiée sur le site interne de l'entreprise

Des employés de Facebook dénoncent une “censure” de contenus pro-palestiniens

Echoroukonline
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Des employés de Facebook ont dénoncé dans une lettre publiée sur le site interne de l’entreprise le 1er juin 2021, une “censure” de contenus pro-Palestiniens sur le réseau social.

Au cours de la récente flambée de violences israélo-palestinienne, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer une “censure” des contenus pro-palestiniens sur plusieurs réseaux sociaux. Facebook, notamment, était sous le feu des critiques pour avoir supprimé de nombreuses publications pro-palestiniennes sans donner d’explications, a rapporté ce samedi France 24. Cette semaine, ce sont les employés du réseau social de Mark Zuckerberg eux-mêmes qui demandent des comptes a leur direction.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site interne de Facebook, mardi 1er juin, rapportée par le Financial Times, près de 200 employés du réseau social dénoncent une possible censure des publications “pro-Palestine” et exhortent leurs dirigeants a prendre de nouvelles mesures pour garantir que le contenu pro-palestinien ne soit pas supprimé.

«Comme l’ont souligné les employés, la presse et les membres du Congrès, et comme en témoigne notre note en baisse sur l’App Store, nos utilisateurs et la communauté dans son ensemble ont le sentiment que nous ne tenons pas notre promesse de protéger la liberté d’expression autour de la situation en Palestine», détaille le texte.

La pétition, qui a recueilli au moins 174 signatures anonymes d’employés de Facebook, demande également un audit externe sur les mesures appliquées par Facebook concernant le contenu “arabe et musulman”, ainsi que la création d’un groupe de travail interne pour “enquêter et traiter une partialité potentielle” dans ses systèmes de modération de contenu humains et automatisés du réseau social.

La lettre appelle également Facebook a s’engager a embaucher plus de Palestiniens au sein de l’entreprise et a publier plus de données sur les “demandes de suppression de contenu parrainées par le gouvernement”.

Instagram également concerné

Les allégations de censure des contenus pro-palestiniens ne visent pas seulement Facebook mais aussi le réseau social Instagram, qui appartient au groupe.

Il est notamment question de la situation du quartier de Sheikh Jarrah a Jérusalem-Est, point de départ du conflit, où des familles palestiniennes étaient menacées d’expulsion mi-mai. Le Sada Social Center, une plateforme destinée a protéger les contenus partagés par les Palestiniens sur Internet, avait alors comptabilisé des centaines de restrictions opérées par ces plateformes sur les sujets liés a Cheikh Jarrah et Jérusalem-Est.

«Il s’agit de la fermeture de comptes sur Instagram ou du blocage de fonctionnalités sur Instagram, comme la diffusion de vidéos en direct, ou la limitation a l’accès de contenus», précisait a l’AFP Eyad Rifai, le directeur de Sada Social.

La mosquée Al-Aqsa, haut lieu sacré pour les musulmans située sur l’esplanade des Mosquées a Jérusalem, où des heurts entre l’armée israélienne et des manifestants palestiniens avaient eu lieu, en plein mois de Ramadan, figure également dans le radar des réseaux sociaux. Les algorithmes de Facebook, censés signaler toute publication pouvant contrevenir aux règles de la plateforme ou inciter a la haine et a la violence, ont supprimé de nombreuses publications a ce sujet début mai, selon le site internet TIME.

Instagram avait également bloqué le hashtag #AlAqsa et son équivalent en arabe, #الاقصى.

Instagram et Facebook ont par la suite levé la restriction sur ces hashtags, déplorant une “erreur”. Selon le site BuzzFeed News, un message interne de Facebook expliquait que le contenu avait été supprimé parce qu'”Al-Aqsa” «est aussi le nom d’une organisation sanctionnée par le gouvernement des Etats-Unis», faisant référence a la branche armée du Fatah, l’une des branches actives au cours de la seconde intifada (2000-2005), dénommée Brigades des martyrs d’Al-Aqsa.

Dès le 10 mai et le début des frappes de l’armée israélienne sur l’enclave palestinienne de Gaza, de nombreux utilisateurs palestiniens d’Instagram s’étaient plaints que leurs “story” sur le conflit – du nom de ces vidéos et images éphémères qui ne durent que 24 heures sur la plate-forme – soient supprimées.

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