Des étrangers raflent les prix littéraires français
Atiq Rahimi
Ce sont les enfants de terres en feu, de peuples opprimés, qui entrent dans l’histoire de la littérature cette année. Le Goncourt, le plus prestigieux prix littéraire français a été décerné à l’Afghan Atiq Rahimi, alors que l’autre prix tout aussi important, le Renaudot est revenu au Guinéen Tierno Monénembo.
- Des points en commun pour ces deux lauréats. Les deux sont des étrangers qui s’approprient la langue française, le temps d’un roman…et quel succès ! Ils ont tous deux également fui leur pays en raison des violences.
- Le romancier afghan, Atiq Rahimi a été récompensé pour “Syngué sabour, pierre de patience”. Dans son pays natal, “Syngué sabour” est le nom d’une pierre magique à laquelle les gens confient leur détresse. Cette détresse, il la relève dans son premier livre écrit dans la langue de Voltaire et qui décrit la réalité oppressante de la société afghane et la conception de l’islam qui y règne.
- L’écrivain et cinéaste âgé de 46 ans, est l’auteur de quatre romans depuis 2000.
- L’autre distinction de la saison, le Renaudot est attribué au guinéen Tierno Monénembo pour “Le roi de Kahel”, un livre qui retrace l’épopée d’Olivier de Sanderval, précurseur de la colonisation de l’Afrique de l’Ouest à la fin du XIXe siècle.
- Monénembo, 61 ans, est un écrivain africain francophone de réputation internationale. Il a à son actif une dizaine de romans, dans lesquels il évoque notamment l’impuissance des intellectuels en Afrique ainsi que les déboires des Africains vivant en France.
- Ce ne sont pas que les africains qui sont indésirables en France mais également – et entre autres – les afghans. D’ailleurs, le prix Goncourt 2008, Atiq Rahimi, à peine récompensé, a appelé les autorités françaises à ne pas procéder à l’expulsion de 54 Afghans sans-papiers actuellement détenus dans un centre de rétention administratif en France. L’écrivain a souhaité que la France leur offre l’asile, au lieu de les condamner en les renvoyant en Afghanistan dévasté.