Des parents empêchent leurs filles universitaires d’étudier le soir!
La décision de programmer des cours le soir au sein de l’université algérienne a suscité une avalanche de réactions parmi les familles algériennes, notamment les parents qui décident d’empêcher leurs filles de rejoindre les bancs de l’Université.
Pour certains experts, cette décision serait nuisible à l’université.
Les étudiantes sont les premières à décrier la décision de programmer des cours à 20 heures. Rencontrées par Echorouk, nombreuses sont celles qui se montrent hostiles à la décision, ce qui les exposerait à des agressions.
Face à cette situation, des parents pensent réellement empêcher leurs filles d’aller à l’université le soir, de crainte qu’elles ne servent de proies à des prédateurs.
En effet, la décision du nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar est tombée comme un couperet.
Une étudiante originaire de Dergana (Alger), rencontrée à l’université de Dely Ibrahim a dit que son père est sorti de ses gonds après avoir appris la nouvelle et lui a recommandée de rester désormais à la maison. « Je ne veux pas que mes filles rentrent à 23 heures », lui a-t-elle dit.
Khadidja a ajouté avoir tant souffert l’année dernière, car elle rentrait chez elle à 20 heures du soir en raison des embouteillages, notamment en hiver.
Leila partage elle-aussi l’avis de Khadidja. Originaire de Rouiba, elle a indiqué que sa famille ait été étonnées par la décision, d’autant plus qu’elle ne possédait pas un véhicule pour se déplacer. Sa famille s’est demandée comment la laisser rentrer à une heure tardive du soir, d’autant plus que l’arrêt de bus est loin de chez elle.
Son frère aîné aurait demandé à son père de ne plus la laisser aller à l’Université.
Les enseignants non consultés
Commentant la décision, le président du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), Abdelmalek Rahmani a souligné que la décision relève des prérogatives du ministre, mais il aurait plutôt, selon lui, consulter tous les acteurs concernés, notamment les enseignants appelés à travailler jusqu’à une heure tardive.
Le président du CNES ajoute que la corporation appartienne à la Fonction publique (FP) qui a des lois bien claires et qui ne les oblige pas à travailler jusqu’à des heures tardives le soir.
Pour lui, la décision devrait être minutieusement étudiée par l’ensemble des concernés, ajoutant qu’elle pourrait réaliser des succès si on lui offrait les moyens nécessaires dans les quatre ou cinq ans à venir, et non pas aujourd’hui.
Rahmani affirme également que la communauté étudiante compte environ 62% des étudiantes, ce qui rend difficile l’application de cette décision, d’autant plus qu’elles soient issues de milieux défavorisés et de familles conservatrices.